Publié le 04/05/2012
L’année 1990 est celle d’un changement d’époque. Le Racing Club de France qui compte dans ses rangs les excellents Lafond, Guillard, Mesnel, Blanc, Cabannes ou Benezech, se présente pour son dernier match de championnat avec des joueurs arborant un superbe nœud papillon rose accroché au cou, sur la lancée de la finale perdue en 87 contre Toulon, et à la demi face à Bayonne avec un béret sur la tête. Ils effectuent même un raid stade Jean Bouin / stade de Colombes à vélo pour un match du trophée Yves-du-Manoir. Un challenge créé en 1931 en hommage au pilote et capitaine de l’équipe décédé le matin du 2 janvier 1938 quelques heures avant un France-Ecosse, et dont aucun club francilien ne disputera une finale.
La jeunesse du Racing ira même jusqu’à se grimer le visage de noir au cours d’une autre rencontre avant d’entrer dans l’histoire grâce à un appendice rose : le fameux nœud papillon ! Mais pourquoi rose ? En hommage, paraît-il, à la mascotte du club : une panthère rose. Le 26 mai 1990, au Parc, la « bande à Mesnel » en offrira un au Président de la République, François Mitterrand. Jusqu’en finale, les Parisiens joueront les trublions d’un sport qui vient de vivre sa première Coupe du Monde (1987) et s’apprête à vivre son deuxième rendez-vous planétaire un an plus tard. Vainqueur de Castres 40 à 6 en huitièmes de finales, le Racing affronte Grenoble en quarts. C’est le deuxième come-back de Laurent Cabannes qui, après une entorse du genou en mars 90 et un grave accident de la route en 1988 semble devoir mettre fin à sa carrière. Et pourtant, contre Grenoble, le troisième ligne aile offrira l’essai de la victoire avant de récidiver en finale face au SU Agen de Sella, Berbizier, Benetton, Benazzi et Seigne. En finale, le Racing verra l’ailier Yvon Roussel, blessé, apporter du champagne et le déguster à la mi-temps avec ses coéquipiers avant de le sabrer 40 minutes plus tard. Le rugby venait de changer d’ère…
Mais le Racing n’a pas vocation à être sous la lumière et ses dirigeants préfèrent valoriser l’omnisport, la formation. Alors les beaux projets de développement sont remis à plus tard. A Colombes, municipalité, club et département refusent de se partager un stade tombé en décrépitude. L’équipe retombe dans l’anonymat. Pas les hérauts de 1990…Le rugby passe professionnel. Le Racing reste sur le quai avant qu’Eric Blanc et Franck Mesnel créateurs d’Eden Park la marque au noeud papillon rose, ne reprennent le club en 2001. La deuxième division crée par la Ligue nationale de rugby permet au club parisien de rester dans les meilleurs clubs de France avec un budget de 3,5 millions de francs (environ 540.000 Euros !). Mais l’équipe fini régulièrement en bas de classement et frôle la relégation. Les travées du stade sonnent creux. Le Ciel et Blanc n’est plus à l’honneur même si la tribune latérale revêt ces couleurs. Le club compte plus d’entreprises partenaires que d’abonnés aux matchs !
L’association avec l’US Métro permet d’augmenter sa chalandise et, surtout, ouvre les panneaux publicitaires de la RATP aux Colombiens. En mai 2006, Jacky Lorenzetti, président de FONCIA acquiert 61% du capital du club. Alors que le club n’est encore qu’en deuxième division, son budget passe de deux à dix millions d’euros. Pierre Berbizier est nommé entraîneur. En 2009, sous l’impulsion notamment d’Andrew Mehrtens, ex-capitaine All Blacks, le club remporte le titre de champion de France de deuxième division et accède au TOP 14 Orange. Les travées retrouvent une âme. Le temps du repos est terminé…
Nicolas Lavallee pour LNR.fr
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