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Ceci n'est pas une pipe

Ceci n'est pas une pipe

Publié le 23/11/2009

En 1929, le Racing Club de France et le Stade Français Paris rivalisaient déjà depuis belle lurette en première division du Championnat de France de Rugby. Avec le Stade Bordelais, les deux clubs parisiens raflaient alors tous les titres. Le Racing avait disputé cinq finales et remporté trois titres, le Stade français en comptait déjà huit à son actif.
 

En 1929, René Magritte peint une huile sur toile de 59 x 65 cm intitulée : La Trahison des images. Ce célèbre tableau représente une pipe et sa légende : CECI N’EST PAS UNE PIPE. Même peinte de façon très réaliste, la pipe de Magritte ne peut être fumée. Depuis lors, on sait qu’il y a une différence entre un objet et sa représentation, mais aussi entre les mots et le réel. Dans le même ordre d’idée, le mot « chien » de mord pas !


En 2009, le Racing reçoit le Stade français. Voilà des années, sinon des décennies, qu’on rêve de cette affiche à Colombes. Au Stade français, ce grand club aujourd’hui auréolé de ses treize titres de Champion de France, on prend soin de minimiser l’importance de ce déplacement chez le promu du 92. Et puisque ceci n’est pas affiche, sous prétexte du droit à l’image de ses joueurs, le Stade français exige du Racing qu’il fasse arracher les affiches qui annonçaient la rencontre dans le métro parisien. Avec ou sans pipe, il convient d’apprécier l’arrachage de l’affiche à sa juste mesure…


Que de jérémiades et d’atermoiements avant, pendant et après un match de rugby !


Un jour Max Guazzini déplore le recrutement de stars du Racing, peu après, toujours dans la presse, il se plaint que la majeure partie de son équipe ne pourra disputer le derby pour cause de sélections internationales. Deux internationaux absents pour le Racing contre dix au Stade français, où sont les stars ? Quelle est la cohérence du propos ?


Au Stade français, on annonce que c’est une équipe B qui va disputer la rencontre. Après la défaite, au cours de la réception, on a même entendu que c’était l’équipe C ! Les joueurs du Stade français qui ont livré une belle partie apprécieront…


Côté visiteur, tout semble sujet à raillerie. Le public ? « Vous avez remarqué que leur stade n’est pas complet » se réjouit Max Guazzini auprès des journalistes. Certes, le Stade français attire moins de monde à Colombes que le Stade Toulousain, mais 12.000 spectateurs c‘est quand même bien, non ? C’est toujours plus d’affluence qu’au stade Jean Bouin quand il est plein. Demain, dans un quotidien parisien, on lira cette autre déclaration de Max Guazzini : « On n’a pas perdu » ! La déclaration est rapportée telle quelle par le journaliste en conclusion d’un article où il épingle le jeu « étriqué » des Racingmen. Saluons ici l’élégance du propos mais aussi celle de la belle écharpe rose du supporter-journaliste du Stade Français.


Résumons : c’était pas une affiche, c’était pas le Stade français et, finalement, c’est pas perdu !


Une telle distorsion entre la réalité et les mots, 80 ans après le tableau de Magritte, c’est encore du surréalisme !

Loin d’être une œuvre d’art, le tableau d’affichage de Colombes se contente de rappeler le score : Racing-Métro 92 : 20 – Stade Français : 18.


Parmi les 12.000 spectateurs que cette rencontre aura tenu en haleine jusqu’à la dernière minute, il y avait Christian Charuel, un ancien de l’US Métro. C’est la première fois qu’il revient à Colombes depuis l’époque où il y affrontait son cousin germain, Jean-Louis, un gars du Racing. La rivalité entre les cousins était telle que même le grand-père ne parvenait pas à calmer les ardeurs lors des repas familiaux. Dans les gradins de Colombes, Jean-Louis du Racing, Christian du Métro, et, à leurs côtés, Josyane la femme de Christian. Elle arbore une écharpe rose et soutien le Stade français où ont joué leurs fils. Ces trois-là, anonymes dans la foule, rêvaient de cette affiche et ils l’ont eue ! Ces trois-là rappellent aussi que le rugby francilien est, et pourrait rester, une histoire de famille.


A l’issue des matchs aller, avec un match en moins, le Racing compte deux victoires de plus que le Stade français.


Ceci n’est pas une pipe…


Fred

Colombes, le 21 novembre 2009
 

 

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