actuImage.php

ESP - Chauveau : ' Le Racing m'a fait devenir un homme '

ESP - Chauveau : ' Le Racing m'a fait devenir un homme '

Publié le 17/05/2013

À cinq ans, Jean-Baptiste Chauveau a découvert le ballon ovale au Racing Club de France. Quinze ans après, ce dimanche, il disputait son dernier match avec les Espoirs du Racing Metro 92, une finale de championnat de France. Rencontre avec un « ancien » du Racing, qui dit au revoir et non adieu au club francilien. (Crédit Photo : Émilie Manchon)

 

 

Comme l'a souligné Adrien Buononato, vous avez échoué à quatre mètres de l'Everest...

 

Oui... On aurait voulu aller un peu plus loin mais voilà, nous n'avons pas eu ce petit facteur qui nous a fait passer ces quatre mètres. Il ne nous a vraiment pas manquer grand chose sur ce match. Quand on voit que l'on échoue à quatre points, avec du recul et beaucoup de... réflexion, je n'arrive toujours pas à comprendre comment nous avons pu perdre. Nous avons réussi à faire trente premières minutes très correctes avec beaucoup d'intensité. Ensuite, on a malheureusement baissé un peu de régime en prenant un carton et nous l'avons payé au retour des vestiaires avec cet essai qui reste un peu flou. Malheureusement, notre couleur de maillot se rapprochant de la leur, l'arbitre n'a pas bien vu. Avec un carton jaune pris dans la foulée, cela nous pénalise énormément pour les dix dernières minutes, quand on est un de moins, il y a moins de couverture. Intelligemment, ils mettent un coup de pied décroisé et marquent un essai. On peut dire que Brive a gagné ce match sur l'intelligence, sur la capacité à jouer sur nos points faibles et nous, nous l'avons perdu tout seul.

 

 

Ce match reste-t-il comme ta plus grande déception en quinze ans au Racing ?

 

Je crois oui... De ne pas pouvoir finir sur... Je ne me rends pas encore compte mais cela reste ma plus grande déception collective.

 

 

Lors discours d'avant-match d'Adrien et d'Anthony, à quoi pensais-tu ?

 

La veille, je n'étais pas bien du tout. Je pensais énormément à... ces quinze ans qui venaient de passer. En me couchant, j'ai fait un petit point, j'ai parlé avec Camille (Gérondeau ndlr) qui m'a remis les choses en place et m'a beaucoup aidé sur ma préparation d'avant-match. C'est vrai qu'au moment de la rencontre, j'étais déjà dans ma bulle. Comme je l'ai dit aux joueurs, on pleurera et on boira des verres après, l'important c'est maintenant.

 

 

À la fin du match, tu prends la parole et tout le monde explose. Est-ce l'un des moments les plus émouvants que tu aies vécu au club ?

 

Oui... J'en ai des frissons... On a vécu tellement de choses cette année que c'est compliqué de résumer tout ça en une minute... C'était juste énorme après j'ai dit des mots qui sont sortis spontanément, je n'y avais pas forcément réfléchis avant, mais je les pensais tous. Je pense que cette année, nous avons passé un cap, les mecs se souviendront toute leur vie de cette saison... On a échoué de si peu mais on est resté une bande de potes toute l'année.

 

 

 

' Je vais garder un petit pied au club, c'est important de continuer à transmettre '

 

 

 

C'est cet état d'esprit solidaire et ces amitiés que tu vas retenir en priorité ?

 

Pas forcément. Ce que je retiendrais de cette saison, c'est... Notre envie de se racheter, d'aller toujours plus loin ensemble et de travailler pour y arriver. Voilà, si j'avais trois choses à retenir, je résumerais ça en trois mots : le travail, la construction de ce groupe de potes et le fait que l'on ait puisé dans nos réserves pour s'assurer cette qualification.

 

 

Tu as connu des dizaines d'entraîneurs au club, parlons de ceux de cette année, tes derniers, qu'est-ce qu'ils t'ont apporté, ainsi qu'au groupe ?

 

Déjà, il faut savoir que dans un duo de coachs, il y a toujours un dominant et un dominé. Là on sait très clairement qui était qui (rire). Je ne voudrais pas que ce soit mal interprété mais en général le coach des avants est un peu plus énergique. Il y en a toujours un qui prend un peu plus de place, qui prend tout pour lui et laisse au groupe l'occasion de vivre des choses ensemble sans forcément avoir... Des parasites qui viennent troubler le groupe et essayer de le casser. Il s'est battu toute la saison pour ça, pour nous, avec Antho qui était plus sur le côté humain et le versant très technique. Je trouve que ce sont des entraîneurs très complémentaires, qui vont très bien ensemble et je leur souhaite une grande carrière.

 

 

Que vas-tu retenir de ces quinze ans au Racing ?

 

(Il hésite et soupire). Je ne saurais pas quoi retenir exactement. Personnellement, je vais essayer de garder un petit pied dans le club, en prenant une équipe de jeune par exemple. Quelque chose pour continuer de transmettre et pourquoi pas plus tard passer entraîneur, un peu plus sérieusement.

 

 

 

' J'admire cet objectif de créer des belles personnes et pas simplement des joueurs de rugby lambda '

 

 

 

Justement, tu disais dimanche que tu te voyais bien arriver à quarante ans et devenir entraîneur ou dirigeant d'une équipe...

 

Oui dirigeant pourquoi pas... Mais pas tout de suite. (Rire) J'ai encore quelques années à jouer mais j'aimerais toujours garder ce contact avec le Racing, je trouve que c'est important, c'est quelque chose qui m'a vraiment... Le Racing m'a permis de devenir un homme... Il m'a pris quand j'avais cinq ans, que je n'étais qu'un gosse, et il m'a amené jusqu'à maintenant. J'ai presque finis mes études, je suis installé avec ma copine et je vais commencer ma vie d'homme.

 

 

Le Racing, c'est quoi pour toi ?

 

(Il marque un temps). Le Racing, c'est bleu et blanc déjà, c'est des valeurs... Des personnes avec une élégance énorme, je pourrais en citer tellement... De mon premier entraîneur de rugby, Aurelio, qui malheureusement est décédé il y a peu de temps, à Jacky Lorenzetti, Gonzalo Quesada, ce sont des mecs qui représentent cette classe du Racing... Je trouve ça très beau et j'admire beaucoup les gens comme Christophe Mombet qui restent dans cet objectif là de créer des belles personnes et pas simplement des joueurs de rugby lambda. Ils façonnent des gentlemen... C'est ça le Racing pour moi.

 

 

Une page se tourne, mais le rugby ne se termine pas pour toi...

 

Oui, le Racing c'est fini mais le rugby continue. Je suis face à un dilemme entre mettre le rugby un petit peu entre parenthèses, me focaliser sur la fin de mes études et trouver un emploi, ou me mettre à fond dans le rugby... Vous le saurez... Je ne peux pas en dire plus. Pour l'instant cela reste en balance, on verra bien.

 

Notez cet article

 
Tous les articles

Vos réactions

Ajouter un commentaire

 
  Tous les champs * sont obligatoires.

Prochain match

dimanche 26 octobre 18H15

VS
Infos Billetterie
 
 
 
Playlist du mois