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Hall of Fame

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Notre histoire est celle d'une bande de galopins qui, pour leurs foulées athlétiques, préférèrent le hall de la gare Saint-Lazare à la cour de leur lycée Condorcet. Plus de 130 ans plus tard, des générations de gentlemen ont porté haut et fort les couleurs Ciel et Blanc. Le Racing, c'est avant tout une histoire d'Hommes ...

La première grande équipe du Racing, celle de 1892, donne le cap avec ses Péruviens, les frères De Candamo, ses Belges, les frères Duchamps, et ses Américains, les frères Thorndike, de grands peintres. Cet alliage parfaitement unique, René Crabos, capitaine du Racing au début des années 20, le résume ainsi : « Avant, pendant et après le match, le Racing, c'est ferveur, bravoure et fraternité ». Des fondamentaux que le Racingman Pierre Conquet élargira au jeu cinquante ans plus tard.

Cette dimension architecturale du Racing s'appuiera d'ailleurs sur plusieurs générations de joueurs architectes, a commencer par Louis Faure-Dujarric, un des bâtisseurs du stade de Colombes, finaliste du championnat 1893. Cette année-là d'ailleurs, le Racing apporte une première pierre à la maison France. En effet, les Racingmen fournissent, avec le Stade, le noyau dur de la première équipe de France officieuse en tournée en Angleterre. Deux courtes défaites qui se transformeront en deux victoires lors des jeux Olympiques de 1900. Huit des champions olympiques sont des Racingmen, et, en prime, ils brillent dans le tournoi de tir à la corde ! Cette année-là, année faste, le club Ciel et Blanc, qui a surmonté la crise interne qui avait débouché en 1895 sur la naissance de l'Olympique, est champion de France pour la seconde fois. Sa victime : le Stade bordelais université club (37-3, trois essais de Cyril Rutherford). Il le mate encore en 1902 (6-0), mais la province a mis le nez à la fenêtre et ne la lâchera plus. Le Racing en fera les frais en 1912, où son équipe pourtant constellée d'internationaux devant (Guillemin, Monniot, Decamps) et derrière (Géo André, Burgun, Lane et Failliot) s'incline devant l'invincible machine rouge du Stade toulousain (8-6). Le Racing subira le même sort en 1920, mais devant l'ours tarbais (8-3). La encore, son équipe est fabuleuse avec Lerou et Thierry devant, Bousquet a la mêlée, et surtout les plus grandes lignes arrieres de tous les temps, avec Chilo en numéro quinze et André, Crabos, Borde, Jauréguy, en trois-quarts. C'est le temps des rugbymen-athlètes, champions de France et internationaux sur 400 mêtres, 400 mêtres haies, ou lancer du poids. Heureusement, les Racingmen oublient les déboires en ciel et blanc sous le maillot de l'équipe de France : ils sont cinq (Lane, Levée, Muhr, Branlat, Dedeyn) lors du premier match officiel contre les All Blacks le 1er janvier 1906 (défaite 38-8), et encore cinq lors de la première victoire internationale (16-15) aux dépens de l'Ecosse le 2 janvier 1911. L'exploit a lieu à Colombes, sur le terrain du Racing, et les Racingmen sont décisifs car Decamps transforme deux essais et Failliot en marque deux, sauvant en prime la France in extremis.

Cette contribution décisive pour le pays, on la retrouve au front lors de la Grande Guerre, ou les internationaux Decamps, Lane, Guillemin, Gaspar De Candamo ou Legrain tombent. Burgun tombe quant à lui en combat aérien, amorçant la tradition des ailes au Racing. Géo André, Pelletier d'Oisy et Pierre Gaudermen, eux aussi chevaliers de la cinquième arme, en réchappent. Meurtri par la guerre, le Racing devra sa résurrection à l'Ecole militaire de Joinville qui draine à Paris les sportifs préparant les jeux Interalliés de 1919, puis les jeux Olympiques d'Anvers et Paris. C'est ici que surgit la reine des lignes de trois-quarts : René Crabos, François Borde, Adolphe Jauréguy. Malchanceuse en championnat, elle permet a l'équipe de France de remporter sa première victoire en déplacement. L'exploit a lieu en Irlande le 3 avril 1920 (7-15) et Jauréguy marque deux des cinq essais français. Adolphe rejoint le Stade toulousain en 1921, mais ce sont encore les lignes arrières du Racing qui jouent un rôle essentiel dans la victoire de l'équipe de France en Ecosse (0-3). Jean Lobies, un danseur, remplace Jauréguy, aux côtés de Crabos et Borde. Après les militaires Louis Béguet et Marcel Piquiral aux jeux de 1924, c'est Marcel De Laborderie et l'ouvreur-perforeur Yves Du Manoir qui seront les dépositaires de l'étincelle du Racing sous le maillot tricolore. Appliqué, impressionnant de conviction, le Polytechnicien Du Manoir ne suffira pas à redresser l'équipe de France et s'écrasera au sol en passant son deuxième brevet d'aviateur militaire le jour de France-Ecosse 1928. Il avait 23 ans et huit sélections.

Pour perpétuer son souvenir, on donne son nom au stade de Colombes, à un prestigieux challenge, et Jean Puyforcat cisèle sa statue.

Puis le Racing traverse les années de rupture avec les Britanniques pour cause de violence et d'amateurisme marron en donnant toujours des internationaux : les arrières Louis Pellissier, Pierre Geschwind, Pierre Guelorguet, Géo Gérald (17 sélections) et les avants Louis Dupont et Louis Dorot.

Les tailles sombres de la Seconde Guerre mondiale (Muhr, Piquiral, Géo André tombé a 53 ans, les armes a la main) contribueront à resserrer encore les rangs et à amorcer une nouvelle résurrection au début des années 50. Ce coup-ci, le miracle viendra encore des lignes arrières avec les internationaux André Alvarez, Gérard Dufau, Pierre Dizabo, Francis Desclaux, Alain Porthault, Fernand Cazenave ou Michel Vannier, voire de l'avant-aile Jean-Claude Bourrier.

Ils sont ingénieurs ou ingénieux, professeurs d'EPS ou VRP, et se retrouvent en finale en 1950. Trente ans après, ils échouent encore face à la province, à Castres (11-8). En 1957, ils montent encore d'un cran, en s'inclinant de justesse face à Lourdes (16-13), l'équipe de l'heure. Les Joinvillais sont remplacés par des élèves et professeurs de l'Ecole de formation de l'EDF de Gurcy-le-Châtel. La grande année sera 1959 : après avoir sorti Lourdes en demi-finale, ils battent le Stade montois, également favori. Il y a treize provinciaux sur les quinze cham- pions, à commencer par le capitaine François Moncla, Michel Crauste ou Michel Debet. Il faudra un nouveau bond de trente ans pour que le Racing, qui dans l'intervalle a donné aux Bleus des Claude Laborde, Michel Taffary, Jean-François Gourdon ou Patrick Mesny, ne connaisse dans les années 80 l'électrochoc Jean-Pierre Rives pour rêver à nouveau des sommets. La brèche élargie par Robert Paparemborde s'ouvre alors pour Jean-Baptiste Lafond et Patrick Serrière. Derrière, Michel Tachdjian, Laurent Cabannes, Jean-Pierre Genet, Gérald Martinez ou Franck Mesnel vont s'y engouffrer, nouvelle finale en 1987 et surtout cinquième titre en 1990. Un vent de fraîcheur souffle sur l'Ovalie, c'est la révolution des noeuds papillons roses. Eric Blanc, Laurent Bénézech ou Philippe Guillard complètent la joyeuse troupe qui après prolongations domine le Sporting Union Agenais de Philippe Sella, et du président Albert Ferrasse, arbitre de la finale de 1959. Après un passage jubilatoire par la case Eden Park, celle des joueurs devenus rois de l'équipement sportif grand public, il faudra entrer dans le monde du rugby professionnel. Un nouveau challenge qui ne devrait pas effrayer le Racing qui en a déjà vu de toutes les couleurs avec ses peintres, docteurs, artilleurs, chimistes, ingénieurs, romanciers, journalistes, profs ou arbitres.

Prochain match

samedi 16 août 20H45

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