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Intérieur Racing - Simone Santa Maria

Intérieur Racing - Simone Santa Maria

Publié le 28/09/2011

"Intérieur Racing" est une nouvelle rubrique sur le site officiel du Racing. Visant à vous faire découvrir de l'intérieur tout le travail effectué auprès du groupe professionnel, elle offre une tribune aux membres du staff sportif. Deuxième épisode épisode avec Simone Santa Maria, qui nous présente le Racing Lab.

 

Simone, vous êtes arrivés au Racing en même temps que Pierre Berbizier en 2007. Quelle est la mission qu'il vous a confiée?
Simone Santa Maria: L'idée de Pierre depuis le début - ça fait maintenant cinq saisons que nous sommes ensemble - était de créer un système avec lequel on peut confronter le sentiment que l'on a sur le terrain avec une analyse plus objective. Nous avons donc créé le Racing Lab qui nous permet d'étudier le haut niveau à travers les différentes compétitions afin d'évaluer le rugby d'aujourd'hui et son évolution.
Au départ, le projet avec pour objectif la montée en Top 14. C'est ce qu'on a appelé la mise en place. En 2009, nous sommes passés à l'action, en essayant de mettre en pratique tout ce que l'on avait observé sur le Top 14. Aujourd'hui nous en sommes à la troisième phase, l'optimisation.
Au début, on est parti plutôt sur l'évaluation des contextes, on découvrait tout. Pierre, lui-même, reprenait contact avec le rugby français, alors imagine moi! Je ne parlais pas français, et c'était dur. La première année, on a mis en place un projet global, très ambitieux. Très très fort comme expérience.
Après la montée en Top 14, on a commencé à se stabiliser, le socle construit était solide, stable. Alors, on a pu monter d'un cran de plus. Pompon (ndlr: Laurent Pompougnac) qui était déjà là, avait été rejoint par Yoann (ndlr: Laubé), puis Nico (ndlr: Nicolas Leroy) est arrivé, Flo (ndlr: Florent Agounine) ensuite.
Aujourd'hui, avec ce socle solide, on se penche de plus en plus vers l'extérieur, puisque'il faut être ouvert, et recueillir toutes les idées, comme une éponge.
Le but, en fait, est de toujours identifier où on est, où on veut aller et les moyens qu'on se donne pour le mettre en oeuvre. C'est ça, le Racing Lab.


Le Racing Lab a donc une double mission: aider le Racing à analyser ses matchs mais également analyser les tendances du rugby en général?

S.S.M.: Oui, en sachant qu'avec ça on anticipe pour aller vers le haut niveau. Pour moi c'est aussi une façon de participer à un projet club. Ce n'est plus seulement un projet d'équipe. Au départ, on est parti sur un projet centré sur les pros, mais aujourd'hui nous avons developpé un vrai projet de club qui englobe à la fois les pros et le centre de formation.


Est-ce qu'on peut dire que le jeu du Racing est élaboré au Racing Lab?

S.S.M.: Dans la mesure où tout le monde - staffs, joueurs, entraîneurs - participe au Racing Lab, on peut dire que certaines choses sortent d'ici. Mais en fait, on voit surtout la tendance vers laquelle on tend. Entre guillements, on "emmerde" les entraîneurs. L'idée est de confronter plusieurs options, plusieurs tendances, d'alimenter la discussion. Celle-ci a lieu avec les prépas, les entraîneurs et avec Pierre aussi. C'est le travail collectif et collaboratif qui fait la différence du Racing. Le Racing Lab est un moyen du club pour alimenter sa discusison et continuerà aller vers le plus haut niveau.

 

Tu diriges ce lab. Tu peux présenter tes comparses?

S.S.M.: Chacun a un peu sa spécialité. Yoann, qui est passé depuis deux ans sur les pros, est sur l'analyse globale - de nous mêmes ou l'adversaire. Il s'occupe ainsi de la dimension tactique du jeu.
Pompon, lui, est le gars qu'on dit "de la vidéo", parce que c'est lui qui filme avec les deux caméras superposées, une sur le ballon et une sur l'espace. Lui, pour moi, c'est un peu l'aspect "vintage" dans notre équipe parce qu'il était déjà quand je suis arrivé. Et puis c'est un maniaque, super professionnel, à vérifier 4 fois les caméras avant d'aller filmer.Il est vraiment dans l'exigence, ce qui est indispensable pour le haut niveau. Ensuite, il s'occupe des statistiques avec la caméra plan serré, c'est à dire plus centrées sur l'efficacité du joueur.
Après, il y a Flo, qui gère le repérage de données, l'analyse de ces données et du centre de formation.
Avant, on travaillait aussi avec Nico qui etait un peu le fou du truc. Il avait toujours plein d'idées et il fallait souvent le ramener à l'essentiel mais il nous a permis d'évoluer. En fait, chacun de nous a amené ses idées, un petit logiciel. C'est pour ça qu'on a créé notre propre logiciel. On ne veut pas s'enfermer dans un outil qui ne nous permettrait pas d'évoluer aussi vite que le rugby d'aujourd'hui.

 

Justement, pouvez-vous nous parler de vos outils de travail?

S.S.M.: D'habitude, les outils d'analyse vidéo sont très fermés. Il n'y pas de possibilités d'en sortir. C'est pour ça que nous travaillons avec différents outils, et on essaye de synchroniser tous ces outils pour déterminer le jeu qu'on voudrait.
On travaille sur différents domaines. La statistique pure et simple, on la voit plutôt sur le long terme, plutôt que sur l'immédiat. En revanche, dans l'instantané, il y a un croisement de données sur les aspects technique, tactique et physique. Tout cela pour alimenter la discussion dont je parlais plus tôt.
Nous, on est pas le savoir, on se donne juste les moyens de recueillir le max d'infos, de les traiter et de lancer une discussion. C'est avec ça qu'on évolue, qu'on ne s'enferme pas dans un domaine. D'où notre idée de créer un logiciel très ouvert pour alimenter cette discussion et pas s'enfermer dans quoique ce soit.


Quelle est la part dans le rugby d'analyse et la part d'improvisation?

S.S.M.: Ce sont toujours les deux en même temps. Si on dit à un joueur de ne faire qu'une chose, en l'enfermant dans des idées et que finalement ce qui était prévu ne se passe pas sur le terrain, il va être perdu. Il faut plutôt déterminer une stratégie de jeu en fonction de l'adversaire et des joueurs choisis, définir un cadre et les laisser ensuite s'exprimer dedans. Après c'est l'adaptation du joueur et ses initiatives qui font la différence.
D'ailleurs, le joueur fait partie intégrante de toutes nos réflexions. De notre côté, nous filtrons le maximum de données pour l'aider le joueur à aller à l'essentiel et eux collaborent pour faire évoluer ce système. Faire participer le joueur au projet, c'est proactif. Si on est proactif, on ne réagit pas aux sitations mais on a l'initiative et c'est là que le joueur, dans le cadre qu'on détermine, fait ce qu'il veut sur le terrain. Et comme c'est souvent l'équipe qui a l'initiative qui gagne les matchs...

 

Retrouvez dès demain sur la Web TV du club, le portrait de Pompon du Racing Lab

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Vos réactions

Le 29/09/2011 par Serval
Cest quand même là que tu comprends comment fonctionne un vrai club pro...Certes dans le fond ça n'a rien de surprenant ni de très nouveau mais ça reste intéressant

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