actuImage.php

Intérieur Racing avec... Adrien Buononato

Intérieur Racing avec... Adrien Buononato

Publié le 27/09/2012

À nouvelle saison, nouvelle plongée au cœur du Racing Metro 92. Intérieur Racing vous propose de découvrir au plus près le staff technique Ciel et Blanc. Pour ce deuxième épisode de la saison, après la rencontre avec Pascal Valentini préparateur physique des Franciliens, immersion au coeur de la formation avec Adrien Buononato. Le nouvel entraîneur des Espoirs aspire à de grandes ambitions pour ses joueurs et souhaite qu'à l'avenir la formation du club Ciel et Blanc soit citée en exemple.

 

 

Adrien, tu viens d'arriver au Racing après une saison à la tête des Espoirs du Stade Français. Peux-tu nous conter ton parcours?

J'ai fait mes classes, tout mon apprentissage du rugby, dans le club de Romans qui évoluait alors en première division. J'ai parachevé ma formation à Grenoble avant de terminer ma carrière par une sérieuse blessure à Chambéry. Pour des raisons familiales je suis arrivé à Paris où j'ai trouvé une terre d'accueil au PUC, d'abord en tant que joueur et capitaine de l'équipe. Puis, sachant qu'il quittait le club pour Biarritz, Mathieu Rourre m'a mis le pied à l’étrier sur l'entraînement. Il m'a fait passer les différents échelons et diplômes. C'est encore aujourd'hui quelqu'un qui fait référence pour moi dans la manière de travailler et de fonctionner et j'essaie de m'inspirer de ce qu'il m'a transmis. Je suis donc resté entraîneur du PUC aux côtés de Bertrand Terrier durant trois années avant de le suivre au Stade Français l'an dernier.

 

L'envie d'entraîner, d'avoir un groupe sous tes ordres est venu par hasard ou c'est quelque chose qui était programmé ?

Ça n'était pas vraiment programmé. Lorsque je suis arrivé à Paris, j'ai travaillé au Conseil Général des Hauts-de-Seine auprès du Tribunal pour enfants de Nanterre. Avec l'investissement que demande l'entraînement, j'ai demandé à être en mis en disponiblilité. Cela fait trois ans, et j'ai pris vraiment goût à ce métier. De toutes façons, soit tu le fais pour dépanner sans réelle envie, soit tu le fais parce que cela te plaît. C'est difficile lorsque l'on a une famille, des enfants, de passer d'un salaire assuré à un métier à risque. On se pose des questions : est-ce que cela va fonctionner ou pas ? Il faut faire des choix. Il ont été fait en concertation avec ma femme qui m'a dit : « si c'est ce que tu aimes, alors on se serrera la ceinture le temps que cela fonctionne... ». Et aujourd'hui je ne le regrette pas du tout. Cela me permet de revenir sur le terrain, un endroit que j'aime, où je me sens bien.

 

 

« Le Racing ? L'occasion à ne pas rater ! »

 

 

Tu es resté une saison au Stade Français. Pourquoi avoir changé de club et répondu au challenge du Racing Metro 92 ?

Il y a deux raisons à cela, je croisais souvent Christophe Mombet lorsqu'il était encore à Marcoussis au sein de la Fédération. Nous entretenions de bons contacts. Et, alors que je m'étais engagé deux semaines plus tôt pour le Stade l'an dernier, Christophe m'a proposé de rejoindre le club. J'avais donné ma parole, je m'étais engagé avec un ami, Bertrand. Il était hors de question de remettre en cause tout cela. Cela a été une expérience très riche. C'est un club atypique qui permet de créer des liens forts mais, à contrario, où il y a des difficultés dans le travail quotidien. Alors pourquoi ne pas avoir continué ? Tout d'abord parce que des liens forts avaient été créés avec le staff d'alors, que ce soit Michael Cheika, Mario Ledesma et le préparateur physique Chris Dennis. Le travail mis en place avait du sens. Mais arrivé en fin de saison, lorsque j'ai demandé des garanties sur le fonctionnement futur, c'était le flou... En février dernier Christophe Mombet m'a rappelé pour prendre des nouvelles, savoir quelles étaient mes ambitions pour la suite, mes envies. Il m'a présenté le projet du Racing : le Centre de Formation, le centre d'entraînement. Ce sont des outils très riches. On a parlé, comme ça, sans pour autant donner suite. On s'est revu en avril, lui avait affiné sa demande vis à vis de moi et personnellement j'avais réfléchi à ce challenge.

 

C'était, en quelque sorte, l'occasion à ne pas manquer pour toi ?

Oui (catégorique). C'est sûr. Dans le choix du métier, et c'est ma façon de voir les choses, il y a ceux qui veulent entraîner une équipe pro et il y a ceux qui aiment la formation. J'aspirais à m'occuper d'un Centre de Formation. J'aime travailler avec le joueur, pas avec les petits de l'école de rugby car je ne suis pas bon là-dessus. Je suis attiré par le haut niveau et sur cet aspect de préparation individuelle du joueur. C'est vraiment la case Centre de Formation qui me convient. Alors oui, c'est l'occasion à ne pas rater. Le Centre se crée maintenant, le wagon doit se prendre aujourd'hui où Il y a tout à faire. On nous donne l'outil et c'est à nous de l'optimiser au maximum pour être performants. La rencontre avec Pierre Berbizier a été importante. Et quand on voit l’importance qu'il voue à la formation, c'est une source de motivation supplémentaire. Aujourd'hui il y a une équipe en place mais il faut savoir quelle sera la formation du Racing dans trois ans, cinq ans... Bosser là-dessus, c'est extra.

 

Le Racing place aujourd'hui la Formation en haut lieu de son projet sportif, quel est ton projet pour le Centre ?

Le projet en général, c'est d'avoir une formation forte avec en point d'orgue l'augmentation annuelle du nombre de joueur alimentant l'équipe professionnelle. Aujourd'hui on peut voir Fabrice Metz intégrer le groupe, Henry Chavancy, Eddy Ben Arous et d'autres l'ont fait avant lui. Pas mal de jeunes ont effectué le stage de préparation cette saison. Le but c'est d'intégrer le plus possible de joueur du Centre pour, à terme, puiser la majorité de l'équipe première dans la Formation maison. Tout cela c'est l'aspect collectif.

Après, en ce qui concerne l'aspect individuel, l'objectif est de permettre aux joueurs d'atteindre son plus haut niveau possible pour que celui-ci tende vers le niveau professionnel. Si ce n'est pas possible chez nous, il faut qu'il puisse avoir sa chance dans une autre structure professionnelle. Et si ce n'est pas le cas, c'est que nous nous sommes trompés durant la période de Formation du joueur ou à l'entrée.

Cela m’amène au troisième volet du projet qui est la politique de recrutement. C'est à dire, quel jeu nous souhaitons pratiquer et quels joueurs nécessitent ce jeu. Ce sont les discussions que nous tenons avec Pierre et Gonzalo : quels critères nous imposons-nous lors du recrutement ? Faut-il se baser sur des critères physiques ou plutôt techniques ? Faut-il recruter un jeune sur ses qualités mentales ? Voilà, il nous faut établir cette charte pour avoir un plan de succession : par exemple, l'équipe pro a un deuxième ligne en partance, et bien, ce n'est pas grave car la saison prochaine il y aura tel joueur capable d'intégrer le groupe, dans trois ans untel et à n+4 tel autre et ainsi de suite.

 

 

«  Nous fonctionnons en étroite collaboration avec les joueurs pros »

 

 

Il y a également l'objectif d'avoir une équipe Espoir de haut niveau, capable d'être compétitive et sur laquelle le groupe pro pourrait s'appuyer...

Le plan de succession est un lien permanent avec l'équipe Espoir. Tous les joueurs du Centre de Formation ne peuvent pas évoluer au sein de l'équipe professionnelle. Alors c'est aussi aux éléments de cette équipe Espoir d'avoir les moyens de matcher et d'être prêts à tout moment. Comment mettre tout cela en place ? Nous fonctionnons en étroite collaboration avec les joueurs pros. Nous partons sur le même projet de rugby. Dès juillet nous avons eu des discussions avec Pierre, Gonzalo, Simon et Patricio, jusqu'à aller sur les mêmes codes afin que les joueurs puissent effectuer la passerelle facilement. L'unité de lieu va également permettre d'opposer les joueurs, de faire du travail par ligne. Et tout cela exige que l'équipe Espoir soit compétitive. Nous ne voulons pas connaître une nouvelle saison comme celle de l'an dernier. Et à cela s'additionne l'ambition de qualifier toutes les équipes pour les phases finales. C'est une nécessité.

 

Tu tends vers un discours et une approche à la mode qui a fait ses preuves, qui réussie, c'est l'exemple du club de football du FC Barcelone qui veut cette unité de style de jeu dans chacune de ses équipes...

Oui mais le football a de l'avance. Les joueurs sont matures plus tôt que dans le rugby. Il faut s'inspirer de ce qui se fait de mieux ailleurs, s'ouvrir sur ce qui se fait également au handball. Il faut aller voir là où ça gagne pour ensuite devenir nous-même un élément moteur, un exemple. On a l'outil qu'il faut pour le faire. À nous de jouer, à nous de bosser.

 

Au niveau du recrutement, vous avez également cet objectif d'attirer au maximum les jeunes de la région...

Les gamins licenciés dans les clubs d'Île-de-France, avant d'envoyer leurs candidatures au Racing, l'envoient à Toulouse, Clermont... Nous voulons changer cela ! Être le pôle prioritaire dans la région parisienne et plus au nord encore, ce serait un réel facteur de réussite. Cela permettrait aux familles de ne pas être coupées de leurs enfants, de créer une vraie émulation !

 

 

« Le Centre est un outil fantastique pour la progression des jeunes »

 

 

On a parlé succinctement des nouvelles structures du club. C'est un atout indéniable pour la progression des jeunes et la mise en place du projet ?

Bien sûr et nous avons les joueurs à notre disposition 24 heures sur 24. Ils sont nourris, logés ici, au Plessis-Robinson. Il vont à l'école sur place pour ensuite aller s'entraîner sur le terrain qui juxtapose les salles de classes ! En terme de disponibilité du joueur, c'est énorme. Grâce à cela, nous pouvons avoir des charges de travail très importantes. Ils ne gaspillent pas leurs temps de récupération dans les transports. C'est pourquoi nous ne voulons pas tomber dans le piège et voulons mettre en place les mercredis sans rugby. Nous voulons ouvrir les jeunes du Centre de Formation à autre chose. Des activités culturelles par exemple. Il leur faut sortir du centre de vie. Avec Christophe, nous avons relevé tout ce que nous aimerions faire avec ces gamins. Nous voulons leurs donner ce bagage supplémentaire. Le rugby, c'est une chose, mais après il faut être armé. Le monde pro est dur, on prend des tartes au quotidien. Il faut avoir du recul pour encaisser les coups. Ils pourraient par exemple encadrer l'école de rugby ou avoir d'autres activités culturelles. Cela peut être ce côté pervers d'avoir tout sur place, mais pour nous, techniciens, c'est formidable ! Ça facilite les choses, tout est là! Si, par exemple, rien est prévu dans mon emploi du temps, je peux observer une séance des pros, les jeunes auront la chance de les côtoyer, d'échanger, d'apprendre et observer ! C'est un outil fantastique pour la progression.

 

On en vient à l'importance que peuvent avoir les liens entre toi et Gonzalo. Vous êtes en quelques sortes les garants du jeu du Racing Metro 92 …

D'un point de vue humain, c'est quelqu'un que je fréquentais avant que nous nous retrouvions au Racing. Nous sommes très proches. Et puis nous avons les mêmes approches du rugby. Nous avons cette trame commune. Nous, les Espoirs, avons moins ces obligations de résultats qu'ont les pros. Les enjeux ne sont pas les mêmes, alors nous servons de laboratoire. Nous pouvons tester des choses qu'ils ne peuvent pas faire. Il y a ce lien fort qui nous lie, Gonzalo et moi. Et cela même avec Simon et Patricio. Nous avons plusieurs alignements en touche et nous nous permettons d'en tester d'autres avec par la suite l'élaboration d'un rapport auprès du secteur pro sur ce qui a marché ou pas. C'est une façon d'enrichir le jeu.

 

Parlons de l'équipe Espoir. Tu as découvert ton groupe sur le tard, la reprise ayant été programmée mi-août. Comment cela se passe-t-il ?

C'est une équipe qui intègre très vite les consignes. Et avec la saison difficile qu'ils ont vécu l'an dernier ils ont une très grande attente. Après, je n'étais pas présent l'an dernier, mais le groupe s'est élargi. Il y a davantage de joueurs à notre disposition et aucun n'est installé. C'est certainement ce qui a accéléré l'apprentissage de ce que nous voulons mettre en place. En terme de réceptivité aux entraînements, de capacité à supporter le travail, je suis très agréablement surpris. La deuxième composante, c'est la réaction en compétition. On l'a vu lors des matchs amicaux, les joueurs se prennent en charge. Pour exemple, lors de notre premier match amical face à Toulouse, nous leurs avions donné rendez-vous dans une salle de notre hôtel pour une réunion sur les touches et, lorsque nous sommes arrivés, ils avaient déjà tout tracé au tableau noir. Ils sont pros-actifs, forces de proposition, consommateurs de séance d'entraînement. Après je ne me trompe pas non plus, c'est toujours comme ça en début de saison et ça peut toujours s'étioler par la suite. Mais qu'il y ait cette concurrence saine, c'est positif.

 

 

« Un jeu non restrictif, nous aimons la prise d'initiative »

 

 

Quel est le projet de jeu que vous allez tenter de mettre en place puis en œuvre durant la saison ?

On est sur un jeu proposant beaucoup de volume. On a cette envie d'avoir un joueur disponible pour jouer les coups à tout moment. Pour un joueur qui a envie de se faire plaisir, c'est enrichissant. Nous ne sommes pas du tout dans le restrictif. Au contraire, nous aimons la prise d'initiative. Je pense que dans l'ensemble c'est épanouissant pour les jeunes. Aujourd'hui, nous sommes sur un effectif de quarante joueurs, qui sont tous au niveau.

 

Comment se passe ta collaboration avec Christophe Mombet ?

Christophe me fait profiter de son expérience, la façon de gérer un groupe. Nous nous sommes répartis les rôles. J'essaie d'intervenir sur le sportif. Lui davantage sur le hors-terrain, ce qui aide le joueur à être un champion dans le comportement, à le rendre professionnel dans sa façon de se prendre en charge. Après la collaboration est simple, c'est le chef (sourire). Mais il me laisse carte blanche sur le contenu rugby. On valide ensemble notre organisation de semaine. Il n'y a pas de pression hiérarchique exercée par Christophe mais il est sûr que si un jour je fais le con, il me le dira. De toute façon, le terrain sanctionne rapidement dans ces cas-là. Il a une présence qui rassure, qui en impose.

Notez cet article

 
Tous les articles

Vos réactions

Il n'y a pas de commentaire

Ajouter un commentaire

 
  Tous les champs * sont obligatoires.

Prochain match

samedi 20 décembre 18H30

VS
Infos Billetterie
 
 
+ d'infos
 
 
Playlist du mois