Intérieur Racing avec... Christophe Mombet

Intérieur Racing avec... Christophe Mombet

Publié le 04/11/2012

À nouvelle saison, nouvelle plongée au cœur du Racing Metro 92. Intérieur Racing vous propose de découvrir au plus près le staff technique Ciel et Blanc. Pour ce troisième épisode de la saison, après la rencontre avec Pascal Valentini préparateur physique des Franciliens, Adrien Buononato, entraîneur des Espoirs, immersion au coeur de la formation avec Christophe Mombet, Directeur du Rugby du club francilien.

 

 

Christophe, cette saison le Racing compte trois Écoles de Rugby lorsque l’an passé, seule celle de Colombes existait. C’est le point de départ des ambitions de formation du club…

Ces trois Écoles de Rugby nous permettent d'avoir une vue d'ensemble et d'être présent sur le département des Hauts de Seine. Au nord du département, Colombes, l'historique, voit chaque semaine 220 enfants venir à l'entraînement. Notre association avec le club de Nanterre, dorénavant Racing Nanterre, apporte une Ecole de Rugby forte de 150 joueurs qui portent les couleurs Ciel et Blanc. Puis nous avons créé dans le sud du département l'École de Rugby du Plessis-Robinson. Nous avions pour objectif de recruter 70 joueurs pour celle-ci mais les problèmes rencontrés par l'ACBB nous permettent de voir beaucoup plus grand puisque 181 jeunes au total nous ont rejoints.


 

Le fait qu'il y ait beaucoup plus d'enfants que prévu est une forte plus value dans le développement de cette nouvelle école de rugby du Plessis-Robinson ?

Dans le plan de développement nous avions prévu 70 enfants la première année puis 100 pour la deuxième et enfin 150 pour la troisième. En un mois nous avons gagné trois années. Cela va faire un beau centre de haut niveau avec une École de Rugby qui, je pense, pourra être intéressante dès cette saison 2012-2013. Mais en même temps nous nous trouvons confrontés à des problèmes de logistique que nous n’avions pas tous anticipés .


 

Par rapport aux autres pensionnaires du Top 14, ou se situe aujourd'hui le Racing Metro 92 au niveau du nombre de jeunes inscrits dans ses Écoles de Rugby ?

Avec 500 jeunes, la pyramide de détection commence à prendre forme. Cette pyramide, une des plus larges du Top 14, consiste à détecter, année après année, les jeunes qui ont les capacités du haut niveau. Mais l'objectif n’est pas d’augmenter, encore, le nombre d'inscrits. Nous ne voulons pas concurrencer un sport comme le football, qui lui, a parfois 800 gamins. Nous voulons nous baser sur la proximité. Créer des Écoles de Rugby de haut niveau. Colombes l'est déjà. Nous sommes dans cette optique au Plessis-Robinson. C'est un Centre de haut niveau, accueillant professionnels et jeunes. Et par la suite nous voulons développer des partenariats amenant les clubs voisins vers une collaboration et une mise en place de pratiques de haut niveau.
 

 

« On nous donne les moyens de faire de la formation »


 

Le Racing Metro 92, après avoir recruté des joueurs plus matures et expérimentés ces trois dernières années, a choisi de faire confiance à de jeunes éléments. Vous, directeur du rugby, êtes le premier pilier de cette politique…

C'est un challenge important, excitant : Préparer et fournir des joueurs pour l’équipe pro. On nous donne les moyens de faire de la formation, de recruter. Pour réussir cela, je me suis attaché à des choses relativement simples : avoir les meilleures structures, et ça, cela s’est réalisé avec ce Centre du Plessis-Robinson ; avoir les meilleurs entraîneurs, ce que nous réalisons en ce moment même ; avoir d'anciens joueurs du Racing dans les différentes catégories afin de transmettre les valeurs de ce club ; enfin avoir les meilleurs joueurs.

Mais tout d'abord, et les choses doivent aller dans un sens bien identifié, ce sont les structures d’accueil et les entraîneurs qui nous permettront de grandir. Nous sommes dans cette construction. Je pense que c'est comme cela que tout doit être construit pour, qu'un jour, le Racing soit un club formateur de très haut niveau. Et avec tous ces ingrédients, les joueurs s'amuseront sur le terrain. J'en suis persuadé.

 

 

Vous-même avez porté le maillot Ciel et Blanc du Racing. C'est important de transmettre ces valeurs si chères à ce club ?

Transmettre, et cela tient à cœur au Président Jacky Lorenzetti, les valeurs, l'histoire et le projet du club ne peut se faire que par l’intermédiaire de gens qui les ont vécues, en sont imprégnés, ont envie de les partager, les anciens font partie de ces personnes. Ils ne sont pas les seuls mais c'est important. Et puis un ancien ayant côtoyé le haut niveau donne des conseils ô combien importants sur des petits détails. Ceux là même qui font progresser. Beaucoup de personnes aiment ce maillot Ciel et Blanc. Et beaucoup sont heureux d'apporter leur pierre à l'édifice du Racing d'aujourd'hui.


 

« Ce sport est éminemment démocratique »


 

Votre discours est également énormément basé sur la formation d’Hommes et pas seulement sur le développement des joueurs…

Au regard de l'évolution de la pratique du rugby ou même celle de la société, on s’aperçoit qu’il ne nous faut pas seulement nous focaliser sur l’entraînement en lui-même. Le rugby c’est la Vie, c’est du lien social, on ne peut pas le dissocier de la société. Ce sport, et c'est sa force depuis toujours, permet à toutes les catégories sociales, à tous les morphotypes de s’exprimer, sans gommer les différences, mais en les rendant complémentaires. Tout le monde est logé à la même enseigne. Donner une chance à tous, voilà notre but. Et de part notre recrutement au Racing, peut être plus que dans d'autres clubs, nous touchons toutes les catégories sociales. Le projet Kinder entre totalement dans cette démarche : nous donnons la même chance à tout le monde dans le cadre du rugby. Ce sport est éminemment démocratique, pour être dans l’air du temps je dirais qu’ il se nourrit de la diversité !


 

Grâce à ce partenariat Kinder, l'identité Racing sera l'un des éléments moteurs de cette nouvelle saison ?

La démarche de Kinder est citoyenne, elle affirme avec nous qu'il y a une identité Ciel et Blanc qui est la même pour tous. Le niveau de vie de chacun n'est pas le même, la couleur de peau est différente, peu importe, chaque jeune sera équipé grâce à Kinder de la même manière. Et cela dans les trois Écoles de Rugby : tenues d'entraînements, de matchs, sacs de sport. Des études surveillées mises en place avant les entrainements, cela contribue aussi à gommer les différences sociales.


 

Donc le projet Kinder permet également au Racing de développer, à l'instar de ce qui est mis en place dans le club de football du Havre, des aides scolaires avant chaque entraînement...

C'est la base de la réussite d'un joueur, l’équilibre entre vie scolaire, vie sportive, vie de famille, nous ne réussissons pas qu'en étant un bon joueur, c’est une illusion. Malheureusement, nous nous apercevons que l'école n’est plus le lieu de transmission de valeurs, que la famille est parfois en difficulté pour les transmettre, alors ,le club devient un référent. Nos éducateurs, nos bénévoles proposeront un cadre, une aide aux devoirs. Ils ne remplaceront pas le maitre ou le professeur, ils seront tout de même capables d’accompagner les volontaires et de détecter ceux qui sont en difficulté. C'est tout simplement donner sa chance à chacun.


 

«  Il faut savoir dénicher, former »

 

 

Vous dîtes souvent : « la base de la formation, c'est le plaisir du jeu ». Dans l'enseignement que vous faites du rugby, vous partez de ce plaisir. C'est une notion importante pour vous…

Effectivement, et c'est la culture française. Si un gamin vient dans une école de rugby c'est pour s'amuser, prendre du plaisir dans le jeu, la dépense physique, jouer avec des copains, face à un adversaire. C'est un moteur. Il faut le respecter. Nous ne pouvons commencer l'enseignement du rugby par de la technique. Au contraire du golf qui est un sport tellement difficile et ou l'on doit débuter par de la technique, nous, au rugby, allons mettre ces enfants en situation de jeu. Après la technique prendra un très grand pas dans l'apprentissage. Mais de toute façon, et qui plus est lorsque l'on écoute les joueurs professionnels, le plaisir est pris, seulement, à travers le jeu. C'est un lien continu dans la formation du joueur de 7 à 77 ans.


 

Vous avez également cette ambition de recruter encore un peu plus qu'auparavant dans la région parisienne...

Dans les axes de projets de développement, il y a les Écoles de Rugby, les clubs partenaires et le recrutement. En Ile de France nous sommes sur une base de 10 millions d'habitants et je peine à concevoir qu'il n'y ait pas 100 joueurs capables de jouer au rugby à très haut niveau. Après il faut savoir dénicher, former. Et parallèlement à ça, nous sommes sur un créneau ou il y a une forte adversité. Aujourd’hui nous axons notre recrutement sur les jeunes de la région Ile de France. Et lorsque l'on voit des joueurs formés au club intégrer le groupe professionnel, c'est une grande récompense pour l'ensemble des staffs des Écoles de Rugby. Mais avant tout ils le doivent à eux mêmes, par le fruit de leur travail, de leur motivation.


 

Pouvez-vous nous expliquer cette contradiction que vous mettez souvent en avant : le rugby nécessite de recruter très tôt mais à contrario, c'est un sport à maturité tardive ?

Oui, c'est une chose vraie et notamment pour les avants. Nous sommes dans l'obligation de détecter tôt. On s'aperçoit qu'il faut faire travailler ces jeunes. Et ce n'est pas avec un ou deux entraînements par semaine que nous allons nous en sortir. Pour exemple, l'école de foot du Havre, dès l'âge de six ans, c'est quatre séances par semaine. Alors jouer du pied gauche ou du pied droit ne pose aucun problème à ces joueurs du HAC. Je ne dis pas qu'il faille aller à des extrémités, mais il y a des passages et étapes dans la vie sportive qu'il faut respecter. Un athlète de haut niveau c’est 10 ans et 10 000 heures !


 

« Ce qui fait la différence, c'est la motivation, la volonté de travailler dur »

 

 

Ainsi vous tendez, dès cette saison, vers ces passages clés de l'apprentissage rugbystique ?

Nous sommes à trois entraînements hebdomadaires pour les minimes et cadets. Nous augmenterons c’est sûr la fréquence dans les années à venir, Et, dès les moins de 13 ans jusqu’aux moins de 17 ans, les meilleurs éléments de chaque catégories disposeront d'un entraînement supplémentaire et spécifique au sein de l’Académie.


 

Vous insistez également sur le leadership et le mental des jeunes. C'est un travail nécessaire dès le plus jeune âge, où bien, au contraire, est-ce un élément inné dont dispose seulement certains sportifs de haut niveau ?

Nous nous apercevons que nous avons progressé, de manière générale dans le rugby, dans la technique, dans le physique, mais il y a un troisième point essentiel qui est le mental. On commence à en prendre conscience dans l’éducation du joueur. Ce qui fait la différence, c'est la motivation, la volonté de travailler dur. Être costaud dans les matchs c'est aussi ça. Le mental va toucher l'affectif car on ne réussit jamais seul. Les jeunes doivent avoir cette capacité à être autonome, leader, stratège. Et sur ce dernier point nous allons mettre en place des outils. Faire de la vidéo dès le plus jeune âge,se voir sur l'écran, avoir une réflexion sur sa pratique, me paraît extrêmement important pour tendre vers le haut niveau. L'autonomie est également une notion incontournable du professionnalisme. Lorsque l'on arrive chez les grands, alors il faut prendre en charge sa vie au niveau de la diététique, de la récupération, de la préparation. Tout cela, ça s’entraine ! Le programme d'entraînement dédié aux meilleurs de chaque catégories se fera dans ce sens : sensibiliser les jeunes aux exigences du plus haut niveau.


 

En ce qui concerne la vidéo chez les jeunes, comment allez-vous mettre en place ce domaine ?

Réfléchir sur le jeu en général, sur son poste, sur une action, pour être le plus professionnel possible, ne peut se faire que par l'intermédiaire de la vidéo. Par exemple, chaque lundi, les Espoirs reviennnent, lors de séances vidéo, sur leur rencontre. Ce sont les joueurs eux mêmes qui exposent à leurs coéquipiers ce qu'ils ont pu analyser. Le leadership c'est aussi ça. Et créer une école de capitaines serait une étape supplémentaire. On ne lancera pas tous les chantiers en même temps mais ce serait une chose intéressante car le leadership c'est savoir prendre des initiatives sur le terrain et des décisions dans la vie.


 

«  Nous avons un potentiel collectif fort, autant que la Nouvelle-Zélande »

 

 

Juan Imhoff remercie souvent son père de lui avoir fait pratiquer plusieurs sports durant sa jeunesse ce qui lui a permis d'acquérir une excellente motricité. Quel est votre point de vue sur ce domaine ? Encouragez-vous les plus jeunes à pratiquer différents sports à la fois ?

J'encourage totalement les enfants à avoir une pratique sportive variée, ce qui est un peu différent, l’idée étant de donner à l’enfant une palette d’activités physiques lui permettant de développer motricité, explosivité, et Juan en est un bon exemple. Je suis contre une spécialisation trop précoce qui ne correspond pas aux étapes de développement de l’enfant.


 

Alors comment remédier à ce problème ?

Partant du principe qu’en France, le sport n’est pas le bienvenu à l’école ,il y a deux solutions : développer les écoles de sport, qui font connaître aux jeunes différentes pratiques pour les ouvrir à d'autres horizons ; soit le club de rugby reprend tout. Et je pense, malheureusement, que la solution est là. Cela donne plus de travail mais par exemple le plan d'entraînement dédié aux meilleurs jeunes entre dans cette programmation : la technique individuelle en rapport avec son âge, la motricité, la coordination, le travail des appuis... Par exemple, chez les moins de 13 ans, il faut travailler sur une motricité simple c'est à dire savoir se déplacer dans l'espace de façon coordonnée, bien maîtriser son corps pour ensuite travailler sur de l'explosivité, sur des appuis.! Il n'y a pas de secret, cela se travaille. Les Anglais le font, les Néo-Zélandais également...à l’Ecole ! En France nous avons un potentiel collectif fort, autant que la Nouvelle-Zélande, mais individuellement nous n'exploitons pas encore le potentiel total de chacun de nos joueurs.


 

Alors la solution viendrait-elle de copier le système anglo-saxon, mêlant école le matin – sport l'après-midi ?

Copier, non, adapter à notre culture, oui !. Si les jeunes s’initient à toutes ces pratiques dès l’âge de 9 ans, alors... Il y a des étapes d'apprentissages auxquelles il ne faut déroger, il y a des emplois du temps à aménager, des mentalités à changer, les Anglo-Saxons l'ont compris il y a bien longtemps. Cela fait cent ans qu'ils fonctionnent de cette manière. Puisque le système public ne permet pas ces aménagements en France, alors les clubs, à l’instar du Racing, vont développer leurs propres écoles privées qui respecteront cet équilibre études-pratique sportive au bénéfice de la passion qui nous anime, joueurs et dirigeants.

Notez cet article

 
Tous les articles

Vos réactions

Le 06/11/2012 par jacques bastide
"La démarche de Kinder est citoyenne" - Mr Monbet, merci, à l'avenir, de vous abstenir de sortir de pareilles conneries.

Ajouter un commentaire

 
  Tous les champs * sont obligatoires.

Prochain match

samedi 20 septembre 14H45

VS
Infos Billetterie
 
 
+ d'infos
 
 
Playlist du mois