actuImage.php

Intérieur Racing avec... Gonzalo Quesada

Intérieur Racing avec... Gonzalo Quesada

Publié le 15/03/2012

Après Pierre et Philippe Berbizier, Simone Santa Maria et Pascal Valentini, "Intérieur Racing" est parti à la découverte de Gonzalo Quesada et sa science du but. Rencontre avec le meilleur buteur de la Coupe du Monde 1999.

 

Gonzalo, quelles sont les qualités pour être un bon buteur ?

 

Gonzalo Quesada : Un buteur doit avoir, bien sûr, des habilités motrices par rapport à la qualité de frappe. Mais, pour différencier un buteur d’un joueur qui bute bien,  il y a deux aspects à prendre en compte : la volonté et la constance de travail, savoir que ce n’est jamais acquis. Ce n’est pas un talent inné. Il faut vraiment avoir cette démarche de travailler, beaucoup, et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Ensuite, il faut la notion de plaisir face à cette responsabilité. Que ce ne soit pas un poids pour cette personne. Que la tâche n’inhibe en aucun cas le buteur. Le buteur doit avoir ce profil psychologique. Vient ensuite la technique de frappe avec tous les aspects biomécaniques qui la concerne.

 

C’est étonnant, vous parlez de la technique de frappe sur la fin, après vous être beaucoup étendue sur l’aspect mental …

 

G.Q. : De nombreux joueurs ont de très belles frappes de balle. Mais la capacité à être un buteur de haut niveau, c’est être capable d’exécuter un geste technique de qualité dans tous les contextes. Il faut une somme d’ingrédients : la qualité, l’amplitude, le mental… Et tout cela dans des conditions de pression et d’anxiété. Ainsi, il faut se préparer et aimer ce qu’incombe cette tâche. Avoir cette capacité à établir une routine, à gérer le stress, les émotions pour avoir un geste technique dans la durée et dans tous les contextes qu’il pourra rencontrer.  Mais évidemment il y a une base d’habilité motrice, de sensibilité.

 

 

"La vidéo est un élément essentiel"

 

 

Tous les éléments qui font un bon buteur : la routine, la technique de frappe, peuvent, en comparaison, s’appliquer à un geste de golfeur ?

 

G.Q. :Il y a beaucoup de lien entre la frappe au rugby, un swing ou un service en tennis. Tout geste technique fermé est un geste qui mêle le corps et l’esprit. C’est une somme d’automatismes. Si la pensée n’est pas maîtrisée, alors, il y a un risque de stress cognitif et physiologique : les muscles crispés, accélération de la fréquence cardiaque… Du coup, tout geste technique - lancer franc, lancer de javelot, tir au but, tir à la pétanque - risque par le stress, d’être raccourci. Cela empêche le sportif de garder la fluidité dans la séquence biomécanique qui est nécessaire à la réalisation du geste. Alors, pour que le geste soit parfait, il faut analyser. C’est pourquoi je travaille beaucoup avec l’aide de la caméra.

 

Justement, dans tout ce travail spécifique aux buteurs, quelle est la part prise par la vidéo ? Passez-vous beaucoup de temps devant les écrans à visionner la technique d’un buteur ?

 

G.Q. :C’est un élément essentiel aujourd’hui. Il faut réaliser des montages constructifs pour guider, orienter le joueur vers ce que l’on veut observer. Ce travail est très bénéfique. Avec les logiciels, nous pouvons faire certaines comparaisons entre deux frappes, marquer des points de références… Et les joueurs sont très réceptifs et demandeurs de ces petits détails. On peut surtout identifier la frappe optimale pour chaque joueur. Sa propre technique. Celle qui s’avère la plus efficace pour lui.

 

Quels sont les éléments à privilégier pour obtenir une frappe optimale ?

 

G.Q. :Il y a une méthodologie pour obtenir la frappe optimale. Savoir quelle est la morphologie du joueur, sa frappe, sa technique et par la suite, adapter tout cela à sa morphologie. La frappe est un transfert d’énergie cinétique. Il faut donc savoir comment la personne est faite, s’il est plus ou moins souple au niveau des muscles postérieurs, du psoas... Le geste sera différent d’un joueur à un autre. Avoir tous ces éléments en sa possession permet de connaître le transfert d’énergie qui sera nécessaire à l’amplitude sur le ballon, la vitesse qu’il faut sur celui-ci, et tout cela sans perte d’équilibre… En résumé, s’assurer de transférer le poids du corps sur le ballon, avec un maximum d’amplitude.

 

 

"Des projets sur une combinaison sensorielle avec capteurs et accéléromètres "

 

 

Votre expérience aux Etats-Unis en NFL (Ligue de Football Américain, ndlr) lors d’un stage d’été en 2002, vous a-t-elle beaucoup apportée dans la compréhension de la frappe de balle ?

 

G.Q. :J’y ai compris beaucoup de choses. Là-bas, il y a des entraîneurs spécifiques de buteurs, de mental. Des tests avec des physiothérapeutes, de psychologie. Des personnes filmaient ma frappe de balle. Tout y était enregistré : posture des pieds, des hanches… Je suis allé buter sur un terrain de Golf pour ne pas avoir de références. La totale ! Mais tous ces tests me parlaient. Cela avait un sens. Ce travail m’a passionné. J’ai alors donné beaucoup de sens à ce qui avait pu m’arriver dans ma carrière. J’ai su comment travailler. Et je suis allé plus loin dans cet apprentissage. Ensuite, j’ai voulu le partager.

 

Lors de votre expérience au sein du XV de France avez-vous pu mettre en place toutes ces techniques ?

 

G.Q. :J’ai effectivement eu la chance de pouvoir optimiser ce rôle de buteur. Au niveau technologique j’ai obtenu les logiciels, les caméras hautes fréquences que je souhaitais. Nous avons également travaillé sur des projets concernant une combinaison sensorielle avec capteurs et accéléromètres. Nous avons monté des choses exceptionnelles. Nous avions le temps, le budget, des gens motivés pour avancer, des joueurs qui ne demandaient qu’à apprendre !

 

C’est une chance pour les buteurs de vous compter parmi l’encadrement. Comment vous organisez-vous au Racing ?

 

G.Q. :Ce qui est intéressant dans ce groupe, c’est le nombre de bons buteurs. Avec mon rôle d’entraîneur, je n’ai pas beaucoup de temps disponible. Nous avons commencé doucement à mettre en place des séances spécifiques, une à deux fois par semaine avec un ou deux joueurs maximum. Nous faisons des séances qualitatives orientées dans la technique pure. Il me tarde maintenant de davantage développer tout ce que j’avais pu mettre en place avec le XV de France au service de nos joueurs du Racing Metro 92.  

 

 

En complément de l'interview de Gonzalo Quesada, "Intérieur Racing" a suivi le coach argentin durant une séance avec Gaëtan Germain et Alexandre Dumoulin. Plongée au cœur des techniques d'entraînements des buteurs Ciel et Blanc :

http://www.racing-metro92.com/Video-176.html?id_video=3060

Notez cet article

 
Tous les articles

Vos réactions

Il n'y a pas de commentaire

Ajouter un commentaire

 
  Tous les champs * sont obligatoires.

Prochain match

dimanche 28 décembre 15H05

VS
Infos Billetterie
 
 
+ d'infos
 
 
Playlist du mois