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Le Munster par Brugnaut - Première partie

Le Munster par Brugnaut - Première partie

Publié le 11/10/2012

Seul français à avoir évolué sous les couleurs du Munster Rugby, Julien Brugnaut a conté, au cour d’un long entretien, son expérience d’une saison passée en Irlande. Un grand et beau souvenir pour le pilier gauche Ciel et Blanc qui parle, avec amour, de cette année 2009-2010 à jamais marquée dans sa mémoire. Première partie.

 

 

Julien, au quotidien, lorsque l'on parle avec toi, tu fais souvent référence à ton année passée au Munster. Cette expérience en 2009-2010 avant que tu arrives au Racing fut si marquante ?

C'est une année qui fut vraiment marquante, fantastique. C'était, en quelque sorte, un second départ pour moi. Jeune, je n'avais pas eu la chance d'évoluer dans un grand club même si j'ai connu des petits morceaux de bonnes périodes à Montpellier ou Dax. Et tout ce manque connu avant fut comblé au Munster. Ce club m’a donné l’occasion de vivre un second départ dans ma carrière. On m'y a inculqué la discipline, le travail. Alors, oui, lorsque l'on m'en parle, quand on me demande mon avis sur des petites choses du quotidien, je donne pour exemple ce club.

 

Pourquoi ne pas avoir continué là-bas alors que l'on a cette impression que tu t'y sentais vraiment à l'aise et adapté à la vie irlandaise ?

Tout simplement parce qu'en Irlande, il y a la priorité nationale. Il faut savoir que dans ce pays, nous sommes licenciés à la fédération et non au club. Je ne dis pas que je méritais à chaque fois de jouer mais de temps en temps l'entraîneur de l'Irlande imposait ses choix. À l'époque, l'effectif comptait Tony Buckley, Marcus Horan et John Hayes, les trois piliers de la sélection...J'étais d'accord avec ce fonctionnement, je le savais en signant et je ne pensais pas jouer autant ! Ensuite le Racing est venu me chercher en cours d'année, j'en ai discuté avec l'entraîneur principal qui m'a conseillé de partir et ainsi saisir cette chance de pouvoir rejoindre le Racing. Il me restait une année de contrat au Munster. Tout s’est fait naturellement.

 

 

« Je n’ai pas rencontré de con »

 

 

Quels sont les facteurs qui font que le rugby est une autre chose en Irlande, une chose très présente dans la vie quotidienne ?

J'ai vu de très bons jeunes joueurs irlandais ne pas arriver à percer au Munster et pour eux, il n'y avait pas d'autres objectifs que de jouer pour et sous ce maillot. Ils ne cherchaient pas à gagner de l'argent, à devenir professionnel. Non ! C'était pour porter ce maillot du Munster ! Il y a cette espèce d'idéal pour ce club... Il faut s'imaginer l'importance que cela peut avoir de ressentir tout le peuple d'une province entière derrière soi. Ils sont fiers de leurs couleurs, de porter le maillot de leur province. Je pense réellement que ça décuple leurs forces. C'est ce que j'ai ressenti. Lorsque l'on arrive là-bas, je l'ai vu d'emblée, on doit respecter le Munster. Tu dois te comporter comme un Munsterman. Tu dois respecter les supporters. Il y a cette éthique hallucinante.

 

Comment pouvait se dérouler la journée type du français qui débarque seul en Irlande...

J'ai eu la chance, même si je ne sais pas comment se passait la vie à Limerick, d'opter pour Cork. C'est Doug Howlett qui, lorsque je visitais les installations, m’a conseillé de vivre à Cork. Il ne s'était pas trompé ! C'est une grande ville de 280 000 habitants, la deuxième d'Irlande, qui est comme un grand village. Il n'y a pas ces grands buildings, c'est calme, étalé, cool. Je ne sais pas comment expliquer... J'en garde un souvenir merveilleux de mon petit passage au Munster. Déjà les gens ont été très accueillants, en tout cas ceux qui venaient me parler. Et ce n'était pas simple, ils devaient le faire doucement, calmement pour que je les comprenne. Ils devaient faire des efforts pour moi, c'était vraiment sympa de leur part. Ils te donnent beaucoup et ça sans arrières pensées, le cœur sur la main, je n'ai pas rencontré de con ! Il y a juste eu ce petit problème à l'époque de la main de Thierry Henry...

 

 

« La plupart d'entre eux jouent ensemble depuis leurs quinze ans »

 

 

Que s'est-il passé, raconte nous ?

C'est simple, dès que nous faisions des déplacements, dès que nous passions à la douane, hop, j'étais contrôlé ! Au début je ne comprenais pas tout le temps et puis au bout d'un moment c'est chiant... Dès qu'ils voyaient le passeport français – il prend l'accent irlandais - « Henry, cheater, cheater ! ». Mes coéquipiers m'attendaient, rigolaient. Ils étaient contents que cela m'arrive. C’était en quelque sorte un petit retour de bâton…

 

Le Munster est connu, reconnu, mais comment peut-on le décrire pour l'ancien joueur de ce club que tu es, toi qui a vécu sous et pour ces couleurs ?

Le Munster a un fonctionnement très à part. Je ne sais pas si un autre club au monde vit de la même sorte que lui. L’équipe est répartie sur deux villes, en tout cas à l'époque, je ne sais si c'est encore le cas. Une partie de l'effectif était basée à Cork et l'autre sur Limerick. Et bien sûr, dans ce fonctionnement, il y a deux staffs : il y avait un head coach puis deux staffs dispatchés dans les deux villes. C'était assez spécial. Nous avions des entraînements - je ne sais pas je dis ça comme ça - le mardi et le jeudi. Le reste du temps, la base de Cork et celle de Limerick étaient séparées. Mais même avec ça, il y avait une cohésion d'équipe parfaite. C'est particulier, je ne sais pas si dans le monde il y a ce type de fonctionnement, il y a tout de même cent kilomètres qui séparent les deux villes ! À part lors des entraînements collectifs, les autres joueurs, tu ne les vois pas. C'est spécial, même si la plupart d'entre eux jouent ensemble depuis leurs quinze ans. Et puis, de toute façon, de l'équipe première aux moins de quinze ans, le jeu, les lancements, les annonces sont les mêmes. Tout est identique. 

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