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Le billet de Pierre Berbizier

Le billet de Pierre Berbizier

Publié le 15/01/2010

Exceptionnellement, "Le billet de Pierre Berbizier" se transforme en interview cette semaine. Perpignan, Bayonne, Invictus, le manager du Racing-Métro 92 n'y élude aucun sujet. Verbatim.

A tête reposée, quelles leçons tirez-vous du match face à l’USAP ?

Pierre Berbizier : Cette rencontre nous a permis de mesurer l’écart qui nous sépare encore des tous meilleurs. Le match s’est disputé dans des conditions climatiques difficiles, et l’USAP les a mieux gérées que nous, tout simplement. On n’a pas à rougir de notre prestation, surtout qu’avec un peu plus de réalisme, le score aurait pu être moins lourd, mais Perpignan était tout simplement plus fort. Mais c’est bien car on a toujours beaucoup de choses à apprendre de ce genre de rencontres. Nous sommes encore en construction et ça nous donne une bonne base de travail pour l’avenir.


L’équipe reste sur deux défaites consécutives en championnat (ndlr : Bourgoin et Perpignan), sentez-vous le moral de vos joueurs touché ?

PB : Non, pas du tout. Surtout que nous n’avons jamais été dans une logique de résultats. Victoire ou défaite, l’objectif est toujours le même : construire notre équipe et notre jeu. Alors, certes, personne n’aime jamais perdre, mais c’est secondaire. L’important est de tirer les leçons de ce qui a marché et de ce qui a moins marché, et continuer à avancer.


Comment gérez-vous les conditions climatiques extrêmes actuelles ? Jouent-elles sur l’entraînement des joueurs ?

PB : Les conditions actuelles ne favorisent pas l’entraînement. On l’a vu à Perpignan d’ailleurs… Dernièrement, on n’a pas pu beaucoup travailler les contacts car les terrains sont dangereux. Bon, on essaye de s’adapter mais c’est sûr que ce n’est pas facile.
 

Ce samedi, le Racing se déplace à Bayonne pour le compte du Challenge Européen. Le manque d’enjeu (ndlr : le RM 92 est quasiment éliminé) et le changement de compétition vous semblent-ils bienvenus ?

PB : Je ne cesse de le répéter depuis le début de la saison : l’important pour nous, c’est de construire, d’avancer dans notre projet, alors Top 14 ou Challenge Européen, peu importe. J’ajoute également que nous comptons sur toutes nos forces vives, que tous nos joueurs sont concernés par ce que nous sommes en train de faire. Ce match à Bayonne est une nouvelle occasion de le prouver.

On parle beaucoup en ce moment de la sortie du film « Invictus », qui a pour toile de fond la Coupe du Monde 19956. Vous étiez sélectionneur du XV de France à l’époque. Quels souvenirs gardez-vous de la compétition ?

PB : De la frustration, beaucoup de frustration… Encore aujourd’hui, je reste convaincu que, si la Nouvelle-Zélande était la meilleure équipe sur l’ensemble de la compétition, nous étions la meilleure des quinze derniers jours. Les douze mois précédents, on avait gagné deux fois chez les Blacks, remporté une série de tests en Afrique du Sud, gagné en Argentine… Pour moi, notre équipe méritait d’être championne du monde, mais je crois qu’à un moment donné, le politique a pris le pas sur le sportif. Mandela avec le maillot des Boks, Pienaar le capitaine recevant la coupe, tout ça avait été imaginé et il fallait que cela se passe comme ça.


Vous irez voir le film ?

PB : Non, sûrement pas. Même si le jour de la finale, alors que nous étions tous redevenus de simples spectateurs, on a avait été tous pris par l’émotion, par la force du symbole, par la beauté de cette nation enfin réunie, le sportif que je suis n’a jamais oublié ce sentiment d’avoir été floué… Non, c’est hors de question, je ne peux pas cautionner ça. Jamais je ne verrais ce film.
 

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