Publié le 23/02/2010
FONDS DE JEU, FORME DE JEU
"Je le dis souvent aux journalistes, et ils n’aiment pas que je e leur dise, mais on ne fait pas le même boulot. Notre champ d’action est différent. Je travaille sur l'avant et le pendant, eux travaillent sur l'après. Eux sont là pour analyser les conséquences. Je travaille sur les hypothèses.
Depuis le début de la saison, je répète que notre ambition est de rivaliser avec les meilleurs ; j’entends par là maximiser notre potentiel afin de pouvoir titiller les cadors du championnat. Je ne parle pas de classement. D’ailleurs, en venant de la Pro D2, on a aucune légitimité à en parler. Ce n’est pas de la langue de bois.
Quand j’explique que notre objectif est de confirmer notre position en Top 14, je ne parle pas de classement. Je me situe par rapport à une progression étape par étape qui déterminera notre adaptation au Top 14, et in fine notre classement en fin de saison. Mais ce classement, je ne le connais pas d’avance.
Alors, on fait un point après chaque match, comme on a fait un point quand on a démarré en tant que promus, comme on a fait un point quand on était relégables, comme on a fait un point quand on était dans le haut du tableau. Mais on fait un point par rapport à la construction de notre équipe, de notre jeu, pas par rapport à notre classement.
Mon rôle en tant qu’entraîneur de ce groupe est qu’il tire le meilleur de son potentiel. Donc à la base, je fais en sorte qu’il intègre et maîtrise les fondamentaux, défense, conquête, occupation – ce que j’appelle le fonds de jeu.
Ensuite, et c’est là tout l’esprit Racing, ce sont les joueurs eux-mêmes, venant d’horizons différents, de cultures différentes, qui s’associent pour construire ensemble leur jeu, leur forme de jeu propre, et peu importe cette forme.
En partant de là, la notion de résultat n’est pas la même. Pour les gens, résultat veut dire victoire ou défaite, pas pour moi. A mes yeux, le résultat ne se lit qu’à la lumière du potentiel de mon équipe, et de sa capacité à l’exploiter.
Si à la fin d’une rencontre, mon équipe a tout donné, qu’elle a joué au maximum de ses capacités, de son potentiel, alors pour moi le résultat est positif. C'est le discours que je tiens aux joueurs : ne soyez pas dans une logique de classement, mais de construction d’équipe, de jeu.
Qu’il y ait victoire ou défaite au bout, ce n’est donc qu’une conséquence, mais en aucun cas un résultat. Tu peux très bien être à 100% de ton truc et avoir une défaite au bout. L’adversaire a le droit de bien jouer aussi. Le résultat est quand même positif.
J'ai toujours fonctionné comme ça. Et je sais que je ne suis pas bon communicant. J'ai envie de défendre mes convictions, je ne veux pas rentrer dans le jeu de la communication d'aujourd'hui qui est de dire ce que les gens veulent entendre.
L'année prochaine, je dirais notre ambition sera d'être les meilleurs. Ce sera traduit par « ils veulent être champions ». Mais non, ce sera seulement être les meilleurs par rapport à nous-mêmes."

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