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Machenaud : "La vie est faite d'opportunité. Il faut juste savoir les saisir"

Machenaud :

Publié le 09/08/2012

Arrivé à l'inter-saison en provenance du SU Agen, Maxime Machenaud est un de ses joueurs qui vit rugby depuis sa plus jeune enfance passée entre le club-house et les terrains du Stade Bordelais. Après deux saisons qui ont confirmé son talent au haut niveau et à quelques heures de faire ses débuts en Ciel et Blanc face à Toulouse en Amical, Machenaud revient sur son parcours, lui qui a "beaucoup travaillé pour y arriver" et qui rejoint les Ciel et Blanc dans le but de franchir un palier, se confronter au haut niveau et participer à la H Cup.
 

 

 

Comme pour beaucoup de demi-de-mêlée, on sent chez toi un vrai amour pour ce sport et notamment son aspect stratégique. Comment t’es venue l’envie de pratiquer le rugby ?

 

J’ai commencé à aimer ce sport très tôt. A l’époque, ma mère s’occupait du club-house du Stade Bordelais et depuis tout petit avec mes deux frères, tous les jours, nous y allions pour y faire beaucoup de sport. On ne faisait que ça, toute la journée.  J’ai un petit frère qui a un fort caractère et un grand qui n’aime pas perdre. On se tirait donc la bourre à longueur de journée. Je me souviens, c’était un peu après l‘époque Gimbert, Simon et Moscato qui avaient alors rejoint Bègles. Je devais avoir 6-7 ans et j’étais tout le temps fourré là-bas. Sans le vouloir, je vivais déjà rugby.

 

 

Beaucoup de joueurs ont été amené à ce sport par leur père. Le tien t’a-t-il aussi transmis la fibre ?

 

Mon père faisait du rugby, mais surtout pour la bringue (rires). C’est quelqu’un qui adore ce sport et qui a toujours eu des copains dans ce milieu. Du coup, entre ma mère et mon père, je n’ai pas pu échapper au virus.

 

 

Justement, comment as-tu réellement commencé à jouer au rugby sérieusement ?

 

Etant sur place, l’évidence voulait que je commence au Stade Bordelais. J’y ai joué jusqu’en cadet. Mais c’était un petit club où nous avions parfois du mal à se retrouver avec assez de joueurs pour participer aux tournois auxquels nous étions engagés. Juste à côté, Bègles avait une grosse école de rugby qui remportait tous les tournois. Ca donnait envie.

J’étais à cette époque en sélection Côte d’Argent et je voulais naturellement jouer au plus haut niveau jeune.  J’ai donc rejoint Bègles en cadet  où je me suis éclaté. C’était une période géniale où j ai rencontré des super mecs que je vois encore aujourd'hui. J’ai ensuite rejoint le pôle espoir de Talence en Crabos. C’est à ce moment-là que je me suis dit que je voulais faire ça de ma vie. En même temps en sport étude, tu ne vis que pour ça. Mais j’en avais vraiment envie.

 

 

Puis la découverte du professionnalisme.

 

C’est vraiment en sélection -19 ans que j’ai découvert le rugby pro puis vers 19 ans où j’ai vraiment intégré le groupe pro de l’Union Bordeaux Bègles qui, ironie du sort, était une union entre les deux clubs où j’avais joué. Je connaissais tout le monde, j’étais un peu chez moi. Je me souviens de mon premier match en ProD2 avec un déplacement à Toulon. Je n’étais pas rentré mais j ai tout découvert ce jour-là. J’étais en chambre avec Gael Arandiga qui était un ancien et je me souviens avoir été émerveillé par tout ce que je voyais. J’y croyais. J’ai ensuite enchaîné les bons matchs avant d être repéré par Agen.

Je n’avais pas peur de rejoindre Agen et de découvrir le Top 14 mais j'avoue que c’était un peu impressionnant. Là-bas il y avait une ambiance énorme, je m’y suis fait de très bons amis en deux ans. C’est un club très famille où j’ai découvert le haut niveau et où j’ai fait évoluer mon jeu. Je leur doit beaucoup.

 

 

Et ton poste ? Pourquoi demi-de-mêlée ?

 

J’ai commencé très vite demi-de-mêlée même si j’ai un peu joué 10 en cadet. C’est avant tout une question de gabarit. J’étais le petit de l’équipe : pas très grand et le moins costaud.

 

 

En France, la culture du jeu est très axée sur le 9 qui a vraiment un rôle de patron alors que dans les autres nations, c’est le demi d’ouverture qui a plus de responsabilités. C’est aussi pour cela qu tu es performant à ce poste ?

 

Je ne sais pas. Ca évolue peut-etre. Christophe Deylaud, mon entraîneur à Agen, voulait absolument que le 10 soit le réel patron parce que c’est lui qui voit le plus le jeu. Le 9 a souvent la tête dans le maul ou le regroupement et ce n’est donc pas nous qui avons la vision optimale du jeu. Mais comme j’avais un demi d’ouverture qui ne parlait pas trop français, je commandais peut être plus. Ce qui c'est sûr est qu’un demi-de-mêlée doit absolument commander ses avants. Le 10 a aussi un rôle très important pour contrôler le jeu. Tout dépend de l’entente et du feeling entre les deux éléments de la charnière. Le 10 est bon grâce au 9 et le 9 grâce au 10… et ses gros.

 

 

Tu sors d’une saison assez complète avec pour point d’orgue une convocation pour la tournée en Argentine. Comment vis-tu ce statut un peu nouveau ?

 

C’est allé très vite. Je savais que le staff du XV de France allait tester des jeunes mais ce n’était pas gagné pour moi car il y a beaucoup de très bons demi-de-mêlée en France, un pays où ce poste est un peu « culturel ». Je savais que j’avais fait une saison correcte mais sans plus. J’étais peut-être plus régulier qu’auparavant. J’ai fait les tests et, même si je ne pense pas que ça se soit joué là-dessus, j’ai été appelé. Ils voulaient peut-être voir un profil différent de Morgan Parra ou Dimitri Yachvili et ont voulu me tester.

Je me dis aussi que c’est aussi une question de destin : je n’étais pas sûr de jouer et avec de bons entraînements et après un premier test perdu, j’ai eu la chance d'être aligné avec Frederic Michalak et ça a bien marché. Il faut dire que l’on a dominé devant et que ça a été plus facile pour moi. La vie est fait d’opportunité. Il faut juste savoir les saisir.

 

 

Avec du recul, penses-tu que la saison dernière était une année charnière pour la suite de ta carrière ?

 

Oui, et c’est pour cela que je me suis vraiment bien entraîné, en étant très assidu et c’est quelque part une récompense. J’avais bien terminé ma première saison en Top 14 avec Agen et je savais que si je voulais m’imposer c’était la saison dernière ou jamais. J’ai beaucoup travaillé pour y arriver.

 

 

Après avoir confirmé à Agen, le Racing était donc l’étape suivante logique que nécessitait ta carrière ?

 

Oui. Pour le niveau qui est au-dessus avec notamment la possibilité de jouer la H Cup. Quand je voyais les matchs à la télé, je me disais que c’était autre chose. C’est un niveau qui se rapproche du niveau international et pour progresser je pense qu’il n’y a pas mieux. Et puis évoluer dans un groupe avec beaucoup de joueurs internationaux a aussi pesé dans mon choix de rejoindre le Racing.

 

 

Le Racing était donc une suite logique.

 

Pour l’instant j’ai l’impression que c’est vraiment évolutif : Bordeaux, Agen et maintenant le Racing. Je me sens bien et j’espère m’imposer dans ce club mais ça dépendra évidemment de mes performances.

 

 

Au-delà des objectifs du groupe, t’es-tu fixé un objectif personnel ?

 

Je ne viens surtout pas en me disant que je serai numéro 1. L’idée est que, à chaque fois que je serai aligné, je produise une bonne performance. J’ai trop de respect pour mes coéquipiers à mon poste. Comme je dis souvent : à chaque fois que l’on arrive dans un nouveau club, il faut repartir de zéro. On ne peut pas se dire que parce que l’on a été bon l’année précédente, on le sera forcément la saison suivante. Le sport de haut niveau est une perpétuelle remise en question. Après, avec la saison qui nous attend, nous serons obligés de tourner à deux, voir trois.

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