Patrick Serrière : 'Attaché à ce club et ses couleurs'

Patrick Serrière : 'Attaché à ce club et ses couleurs'

Publié le 13/03/2012

Illustre capitaine des Ciel et Blanc lors du sacre du Racing en 1990, Patrick Serrière s’est longuement confié, avec amour et passion, sur le Racing Metro 92. Le passé du club, son présent, futur, l’anniversaire des 130 ans des Ciel et Blanc sont évoqués par le président de l’association Ciel et Blanc Rugby.

 

Patrick Serrière, vous avez passé plus de dix ans au sein du Racing (1982-1994), que retenez-vous de cette longue vie en Ciel et Blanc ?

 

Patrick Serrière : Ses couleurs : le Ciel et le Blanc. Lorsque j’ai signé, une personne m’a dit tout simplement : « tu verras, lorsque tu revêtiras ce maillot, avec ces couleurs si importantes, tu ne pourras t’en détacher ». Et c’est vrai. Ces couleurs, celles du Racing Metro 92 sont d’une importance capitale. Lorsque, dans la rue, alors que je me promène, je vois du Ciel et Blanc, je pense immédiatement au Racing. C’est assez fou, mais ces couleurs sont ancrées en moi à jamais. Le Racing m’a permis de connaître des émotions que je n’aurais connues nulle part ailleurs, pas même dans le football ou dans un autre sport. Ce club, aux couleurs qui me sont si chères, m’a aussi fait connaître le XV de France, le tournoi des V Nations à l’époque…

 

Vous avez débuté le rugby sur le tard. Que vous a-t-il apporté par rapport aux autres sports que vous aviez pratiqué plus jeune ?

 

PS : J’ai commencé le rugby à 21 ans. Je suis issu d’une famille de footballeurs, et moi-même, durant toute ma jeunesse, et jusqu’à mes 21 ans, j’ai pratiqué la balle ronde pour ensuite jouer au rugby. Et ce sport a mis en exergue des valeurs qui étaient en moi, que je ne soupçonnais pas, absolument pas. Je suis très heureux d’avoir pris cette tangente, car, c’est un sport qui m’a permis de connaître le Racing, des gens extraordinaires, et qui m’a permis de me développer en tant qu’homme. Je le répète, mais je ne soupçonnais absolument pas les valeurs, qui étaient pourtant au fond de moi, et que le rugby a fait ressortir.

 

« À quatre heures du matin, une semaine avant la finale, en train de mimer la remise du Bouclier au Parc des Princes ! »

 

Excepté le titre de 1990, quelle est votre plus grande fierté après votre passage au Racing ?

 

PS : (Long silence). Les rencontres. Durant ces dix années passées sous les couleurs Ciel et Blanc, j’ai eu la chance de rencontrer des hommes incroyablement extraordinaires. Je ne pourrais les citer tellement ils sont nombreux à avoir comptés pour moi. C’est une vraie famille. Les entraîneurs, les joueurs de ce club ont beaucoup compté, et je pense, également, que c’est l’une des raisons pour lesquelles je reste tant attaché à ce club et ses couleurs.

 

Pouvez-vous nous raconter une petite anecdote de ces dix années en Ciel et Blanc ?

 

PS : Je vais vous raconter une histoire, qui n’est pas connue de tous. En 1990, une semaine avant la finale qui se jouera au Parc des Princes, avec le groupe et des supporters nous faisons une grande fiesta. Les gens se quittent alors que la nuit se poursuit. Et, avec les joueurs restants, et certains supporters, nous vient une idée : et si nous allions au Parc des Princes. Alors on se retrouve au pied du Parc, avec ses grandes grilles pointues et dangereuses. Nous prenons des planches de travaux qui trainaient aux alentours, et nous les mettons sur la pointe des grilles. Nous escaladons et là, nous nous dirigeons sur la pelouse du Parc des Princes. À quatre heures du matin, vous imaginez ! Et là, alors que l’un des jours les plus importants de notre carrière arriverait une semaine plus tard, nous nous mettons à mimer la remise du Bouclier de Brennus. À cet instant on se dit que l’on aimerait par dessus tout vivre cette même sensation, une semaine plus tard, dans ce stade si magique… C’est une belle histoire et cela démontre l’insouciance dont nous faisions preuve à l’époque.

 

« Nous devons beaucoup au Président, Jacky Lorenzetti »

 

On parle beaucoup des arrières aux nœuds papillons, alors que vous, les avants, formiez l’un des packs les plus redoutés. Comment peut-on expliquer ce décalage ?

 

PS : C’est l’histoire du rugby. De tous temps. Ainsi, on donne de la médiatisation aux marqueurs, d’essais ou de jeu au pied. Mais, comme vous m’en donnez l’occasion, il est vrai que les avants ont beaucoup contribué au palmarès de Racing. Il ne serait peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui si notre pack n’était pas si redouté que cela. Les matchs se gagnaient devant et non derrière, en tout cas lors de la victoire en 1990 et notamment en finale. Mais, je comprends et il n’y a aucune animosité vis-à-vis des trois-quarts. C’est l’histoire et on ne peut la contredire.

 

Depuis l’arrivée de Jacky Lorenzetti, le Racing Metro 92 est passé dans une autre ère. Ça vous plaît ?

 

PS : Cela me plaît forcément. C’est très important de revoir le Racing en haut, que l’on reparle de ce club si mythique et qui a tant fait pour le rugby. Il était moins une que le club ne disparaisse définitivement. Jacky est arrivée à ce moment-là. Eric Blanc et Franck Mesnel ont passé la main. Et effectivement, le club est passé dans une autre ère. Avec beaucoup d’ambition. Nous pouvons parler d’aventure pérenne. Et tout cela est très motivant. J’ai beaucoup de respect pour Jacky. Je crois en ses idées. C’est un homme très intelligent. Sans lui le club ne serait pas là où il est, et nous, les anciens, qui avons de l’amour pour ce club, devons beaucoup au Président.

 

« La présence de Berbizier n’est pas étrangère à ce développement »

 

Les projets de l’Arena 92 et du centre d’entraînement du Plessis-Robinson démontrent les ambitions du club. Ces modernisations sont nécessaires au développement du Racing …

 

PS : Jacky l’a très bien compris et je pense que la présence de Pierre Berbizier n’est pas étrangère à ce développement. Ce dispositif mis en place est une valeur ajoutée pour le club. Et l’avenir, c’est la formation. Aujourd’hui, le Racing a recruté des joueurs étrangers, pour notamment pérenniser le club. Dans l’histoire, les Ciel et Blanc ont toujours sorti des jeunes, qui plus est futurs internationaux. Et rien de tel qu’un bon centre de formation pour pouvoir se reposer sur de bonnes bases. Ce qui va être mis en place dans ce centre du Plessis-Robinson va permettre aux jeunes de ne pas oublier que le rugby est éphémère et qu’il y a une vie après la carrière. Après, en ce qui concerne le stade, c’est essentiel au développement. Le Racing, par cet intermédiaire, aura la chance d’être maître de son stade et cela permettra un élargissement de ses recettes. Un grand stade permet à une équipe de se moderniser mais également de se transcender.

 

Le rugby a beaucoup évolué depuis que vous avez quitté les terrains. Quelles en sont les évolutions ?

 

PS : Physiquement, ce n’est plus du tout le même sport. Nous pouvons même avoir quelques inquiétudes pour la génération actuelle, voir comment elle va vieillir après tout ce qu’ils donnent sur le terrain. Les blessures sont plus fréquentes. J’espère que la Fédération Française de Rugby et les clubs sauront prendre soins de leurs joueurs. Car ce sont eux la richesse de notre sport. On a toujours dit que le rugby était un sport de combat. Mais les chocs sont devenus beaucoup plus violents. Le rythme est beaucoup plus élevé. Pour résumer, physiquement, c’est un autre monde.  Le rugby est un sport de valeur humaine, mais nous ne pouvons demander aux joueurs de se saigner pour un maillot si il n’y a rien en retour et surtout si son intégrité physique n’est pas respectée. Cette évolution m’inquiète un peu.

 

« Le Président Lorenzetti avait la volonté de mettre en avant les anciens »

 

En 2009, avec l’appui du club, vous avez créé une association Ciel et Blanc Rugby, dont vous êtes le Président. Quel en est le but ?

 

PS : On a créé cela parce qu’il y avait plusieurs amicales d’anciens joueurs qui existaient. Jacky Lorenzetti est l’instigateur de ce projet. Le Président avait la volonté de mettre en avant les anciens de la maison. Démontrer qu’ils font toujours partie de la famille Racing. Auparavant, les différentes générations ne communiquaient pas entre elles. Alors l’association Ciel et Blanc Rugby est née. Il y a deux leitmotivs essentiels : établir une interaction intergénérationnelle, qui a pour but que tout le monde aille dans le même sens, transmette les valeurs du club et maintienne le contact. Ensuite, être un soutien moral et social auprès des anciens joueurs, dirigeants et entraîneurs en situation difficile. Nous communiquons énormément entre nous pour faire sortir ces anciens qui rencontrent des problèmes. Il y a une solidarité. Parce que, tout simplement, une personne peut en dépanner une autre. Le club offre 35 places de matchs à chaque rencontre à Yves du Manoir. Lors de la rencontre au Stade de France, le club mettra à disposition de ses anciens Racingmen 400 places. Cela permet de revoir des têtes, de parler. Lors de la célébration des 130 ans du club qui aura lieu à Saint-Denis face au Stade-Français le 5 mai prochain, les anciens seront mis à l’honneur. C’est une preuve supplémentaire que le Racing Metro 92 ne nous oublie pas. Avant la création de Ciel et Blanc Rugby, il y avait une grosse demande et nous recevons beaucoup de mails nous encourageant à continuer dans ce sens. L’association est forte de 202 personnes. Nous nous retrouvons une à deux fois par an. En 2010, nous avons fêté les 20 ans du titre de 1990. Il y a un mois, nous nous sommes réunis en compagnie des anciens Toulousains.

 

Le Racing fête ses 130 ans cette saison. Que représente pour vous cette longévité du club ?

 

PS : Du respect. C’est un club énorme. Vous rendez-vous compte, 130 ans ? Parler d’un club 130 ans après sa création c’est fantastique. J’imagine, que lorsque les étudiants ont créé le Racing athlétisme, ils ne pouvaient imaginer que 130 années plus tard, ce club construirait son propre stade ! C’est beau de voir qu’une idée embryonnaire, avec des valeurs simples et saines, réussit à devenir un grand succès. Il n’y a pas d’équivalent dans le pays.

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Vos réactions

Le 17/02/2013 par renard 77
un homme bien sur et en dehors des terrains sans oublier sa famille
Le 04/01/2013 par dollars
Patrick Serrière un de mais ancien patron qui ma appris a travailler et j ai était un de ce premier employer a 10.4 montage une homme qui a grand coeur et respecte les gens et ma fait découvert le rugby et aimer ça , un homme que je me souviendrai toute ma vie
Le 14/03/2012 par CAMBRIDGE
Quel immense plaisir pour un éternel supporter du RACING que de retrouver l un de ses plus prestigieux joueurs en la personne de P Serriere en n oubliant pas à cette occasion son indefectible compère de combats M Tachdjan. P Serriére rappelle l impact de ces couleurs" ciel et blanc " sur les hommes mais si ces couleurs ont tellement marquées c'est aussi parceque réciproquement des hommes exceptionnels de qualités physiques , humaines et intellectuelles tels que P Serriere les ont portées et servies..... Le Président du "RACING MOULLEAU 33 " (RM33) club des supporters arcachonnais du Racing Metro 92....

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