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Simon Says - Episode 6

Simon Says - Episode 6

Publié le 12/04/2011

"Simon Says", en anglais, c’est l’équivalent de "Jacques a dit". Alors quand Simon Mannix a accepté de faire une chronique régulière sur le site officiel du club, son titre s'est imposé comme une évidence. Dans ce sixième épisode, l'entraîneur adjoint du Racing décrypte son rôle auprès des joueurs les jours de match et sa façon, si particulière, de vivre les rencontres.

 

Simon Says... "Read Episode 6!" Go!

 

"Quand je revois les matchs sur Canal+, quand je me vois crier sur le bord du terrain, ça me fatigue. Je me dis "P....., ce mec, c’est un malade". J’ai un caractère qui peut être perçu comme fou et je comprends. Mais j'ai toujours été comme ça. Comme joueur, j’étais déjà quelqu’un qui parlait sans arrêt sur un terrain.

Je prends plus de plaisir à entrainer une équipe de rugby que j’en ai eu en tant que joueur. Mon passé de joueur me sert énormément parce que j'ai vécu l'échec. J’étais un des plus grands espoirs néo-zélandais. Jouer pour les All Blacks à 18 ans et décevoir c’est difficile à porter. J’ai mis dix ans avant de vraiment digérer cet échec-là. Ça a freiné toute ma carrière. Mais aujourd’hui je m’en sers pour aider les autres. Comme lorsque Jonathan Wisniewski a raté la transformation de la montée. J’avais mal au cœur pour lui et j’ai tout fait pour qu’il ne vive pas ce que j’avais pu vivre.

En fait, je suis quelqu’un de positif; quelque soit ce qui m'arrive, je regarde le côté positif. Par exemple, après une défaite, je ne rumine pas. Je pense toujours à ce que m’a dit un prêtre de mon école: "Dieu a placé nos yeux sur le devant de la tête pour toujours regarder devant". C’est un truc qui restera en moi toute ma vie. C’est pour ça que quand un mec fait une faute sur le terrain, je ne râle jamais contre lui. Jamais, jamais, jamais. Je vais lui dire: "Ce n’est pas grave, tu as 14 potes qui vont rattraper ta connerie." C’est une philosophie de vie. Je reste avec. Par contre, je réfléchis sur mes erreurs parce que si je la fais une deuxième fois, ben je suis le roi des cons. Et je n’ai pas envie de faire les mêmes fautes deux fois.

Comme entraîneur, ma mission est en fait simple. Je dois tout faire pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles. Dire le bon mot au bon moment, ça vient des années d’expérience, de la connaissance du groupe et de la confiance dans le travail effectué. Aujourd'hui, je vois les besoins des joueurs naturellement. Je les sens. Tu ne sais jamais ce que vont penser les mecs quand ils vont se réveiller le matin. J'essaie souvent de me mettre dans leur tête, mais je n'y suis pas. Quoique, y en a certains, j’ai pas envie d’y être dans leurs têtes (rires).

Je suis capable de sentir le matin au petit déjeuner si les joueurs sont bien. Tu le sens aussi pendant la ballade. Si je vois un mec trop stressé, je suis là pour l’aider à être le mieux possible à 14h30 le samedi. Si il a besoin d’une petite discussion, d'entendre une connerie pour rigoler ou pour se calmer, je pense être capable de le faire. Si le mec a besoin de plus de stimulation que les autres parce que dans la semaine il a pas fait une très bonne préparation, je suis là aussi. AI-DER LES JOU-EURS. Je suis là pour ça.

Quand je suis avec le groupe, je ne suis jamais stressé parce que je vois les joueurs. Par contre, quand je suis à la maison le samedi matin les jours de matchs à Colombes et que je ne vois pas les joueurs, là je suis stressé. Un vrai casse-couilles. Je tourne en rond, je sens le match comme si j’étais joueur, je vis le truc. Au moment où j’arrive au stade, là ça va.

En fait, quand je suis avec les joueurs, je vois dans leurs yeux s’ils vont bien ou pas, et là je suis tranquille. Alors, ma mission commence. C'est-à-dire aller chercher de l’eau, prendre les ballons pour les buteurs… C’est l’esprit de ce club et du Président, on est tous là pour aider les joueurs. C'est le seul truc important pour moi.

On aimerait tous être sur la pelouse mais je suis un gros cochon et je sais que ce n’est pas possible. Je vis le match à fond comme les joueurs et c’est pour ça que j’arrête pas de les encourager. Quand un joueur qui marche sur le terrain m’entend gueuler, il va se dire: "Putain, merde il me fait chier" et il va se remettre à courir. Et quand un joueur entend son nom, il va toujours faire un petit effort supplémentaire. De temps en temps, c’est fatiguant pour les joueurs, j’imagine. Je pense même que pour les nouveaux joueurs qui arrivent au club ça doit être choquant. Mais après, le plus souvent ils me disent merci de les booster pendant le match. Je sais pas si ça aide ou pas. Par contre je suis là pour ça: encourager les joueurs. Et si un jour je suis en tribune, ça va leur faire drôle, ils vont se dire: "Il est où ce petit con?"

Je suis souvent très fatigué après les matchs. On me demande souvent pourquoi tu fais la gueule ? Je donne beaucoup pendant le match et j’ai vraiment besoin de 3 ou 4 heures pour récupérer et être serein. Avec notre métier tu n’as  pas beaucoup de moment pour te dire "putain, ça c’est vraiment bien", parce que tu passes direct à autre chose. Quand tu arrives au club, le lundi matin tu dois repartir sur autre chose. Encore, encore et encore. Oui c’est fatiguant, mais c’est tellement riche."

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Vos réactions

Le 20/04/2011 par Elho
Perso, Simon Mannix, j'en suis fan! Il m'intriguait déjà avant, mais cette chronique me le fait découvrir davantage, et confirme ce que j'en pensais!! Dis Simon, tu ne voudrais pas déménager à Perpignan par hasard?? ;-)
Le 13/04/2011 par bogosse
Merci pour cette confession du coeur et des tripes. Les joueurs ont besoin de sentir l'humanité de leur coach. Il n'est pas utile d'afficher une attitude de croque mort sur le bord du terrain pour être un entraîneur efficace et crédible. Ce n'est pas une garantie de performance, la preuve. Il ne faut surtout rien changer.
Le 12/04/2011 par anita
Un manager passionné qui laisse éclater sa joie de vivre et d'entraîner ses joueurs, c'est une grande richesse pour le RM 92. Tous les clubs n'ont pas la chance de s'appuyer sur une personnalité attachante comme la vôtre. Continuez SVP pour notre plus grand plaisir et pour la victoire de notre équipe ! WE LOVE YOU AND NEED YOU TRULY....
Le 12/04/2011 par Serval
Bien parlé Simon! We love you!!!
Le 12/04/2011 par lys
C'est vrai que ça nous manquerait de ne plus l'entendre hurler du bord de la pelouse! Cela illustre sa grande générosité, alors, please Mr Mannix, never stop yelling the way you do!
Le 12/04/2011 par agird
a lire ces lignes je vous dis " SIMON VOUS ETES UN TYPE BIEN " et un manageur exigeant .Bravo

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