'Yes, we can!'

'Yes, we can!'

Publié le 13/08/2009

Annoncé dans les deux langues, en Français puis en Catalan, le score final reste le même : Perpignan : 20 / Racing–Métro : 23. En cette cathédrale d’Aimé Giral plus habituée aux alléluias qu’au requiem, devant une foule de fidèles incrédules, la messe est dite. Le champion de France en titre vient d’être battu sur son terrain par le promu. En procession, les Sang et or regagnent rapidement leur vestiaire alors que les Ciel et blanc prolongent de quelques secondes leur plaisir d’être sur la pelouse. Les joueurs du Racing-Métro s’étreignent sans fanfaronnade. Au terme d’un match disputé jusque dans les dernières secondes, à l’heure où même le soleil donne quelques signes de fatigue, la joie éclaire les visages. Un joueur sourit aux anges. Il a 20 ans. Il est un espoir du Racing. Heureux, Nathan Lane : "C’est un match amical mais la victoire est belle ! Qui aurait pu imaginer que je serai titulaire dans cette équipe, dans un stade pareil, face aux champions de France ? Il se peut que je ne joue que ces deux matchs amicaux avec l’équipe première, la semaine dernière à Toulon, ici ce soir, mais pour moi c’est un vrai bonheur !" Nul besoin d’avoir lu Epicure pour vivre pleinement ces instants de joie et d’être ce que le philosophe appelait "un bon convive du banquet de la vie" !
 

Dans les vestiaires, Andrew Mehrtens traduit en anglais les propos du président : "Bravo les gars pour cette victoire, mais on ne s’emballe pas. Le championnat commence la semaine prochaine à Albi. On reste humble." Stay calm and humble… En pays catalan, chacun ce soir parle la même langue. Simone Santamaria, stratège et tacticien de l’équipe : "Personne ne s’attendait à ce qu’on batte Perpignan sur son terrain. Certes, c’est un match amical, mais le niveau de jeu et l’engagement n’avaient, eux, rien d’amicaux. On voit de l’envie et de l’intelligence dans notre équipe. Les joueurs, tant les anciens que les nouveaux, s’investissent de plus en plus. L’équipe est forte dans la conquête, et en place défensivement. On marque un essai en première phase de jeu. C’est bien, mais on donne encore trop de ballons et de points à l’adversaire. On vient d’élever notre niveau de jeu et, avec rigueur et discipline, on doit continuer à avancer. Ce n’est qu’un début…"
 

Il y a deux ans, Simone découvrait le Racing à Mont-de-Marsan. C’était un autre match amical, un autre temps, presque un autre monde. Avec Pierre Berbizier, Simone venait d’accompagner l’équipe d’Italie dans son joli parcours en Coupe du Monde. Avec Pierre, avec Pascal Valentini le préparateur physique, ils rejoignaient en Pro D2 le Racing-Métro et son projet : rejouer rapidement en Top 14 et rivaliser avec les meilleurs ! En ce soir de défaite à Mont-de-Marsan, après un match particulièrement terne des Ciel et blanc, le regard perdu de Simone trahissait quelques inquiétudes. A l’issue de la saison 2007-2008, l’équipe jouait la Finale pour accéder en Top 14. Un an plus tard, une partie du projet devenait réalité, le Racing-Métro 92 remportait brillamment le Championnat de Pro D2. Il lui reste à rivaliser avec les meilleurs. Ce soir, dans les vestiaires de Perpignan, « stay calm and humble », il convient de saluer la performance des joueurs mais aussi le travail de ceux qui ont su élaborer et élever significativement le niveau de jeu. L’effectif de l’équipe qui vient de battre l’Usap est majoritairement le même que celle qui perdait à Mont-de-Marsan il y a deux ans seulement…
 

A sa façon, le décompte des 23 points marqués aux dépens de l’Usap dit l’union réussie des anciens et des nouveaux, de la jeunesse et de l’expérience : un premier essai d’un autre espoir du Racing, Henri Chavancy (35ème), un second essai d’une nouvelle recrue, Julien Saubade (47ème), transformations et pénalités d’Andrew Mehrtens (4ème) et Jonathan Wisnieswski (55ème), drop de Wisnieswski (64ème). Sur le terrain, le cadre amical du match permet de nombreux remplacements sans que la combativité de l’équipe s’en trouve bouleversée. Avant et après match, comme à la mi-temps (10-10), la sérénité s’est fait une place dans les vestiaires des Ciel et Blanc.
 

Afin de mieux préparer physiquement la première journée de championnat à Albi, pour la seule troisième ligne, les absents du jour se nomment Sébastien Chabal, Jone Qovu, Fabrice Culine, Johnny Leo’o, Ashley Clarke. Ces absences font la joie du jeune espoir Nathan qui a joué ce soir : "Pierre m’a demandé de palier mon manque de poids par de l’envie. C’est ce que j‘ai fait ! Quand j’ai vu les Perpignanais attaquer, dans un trois contre deux qui aurait pu nous coûter cher, on reculait et j’ai décidé de plaquer mon vis-à-vis, puis de me relever pour plaquer encore… Je ne voulais pas reculer !" Sempre endavant ! Toujours aller de l’avant, telle est la devise catalane des Sang et Or !
 

Dans les travées du stade Aimé Giral qui va éteindre ses derniers candélabres, le Bouclier de Brennus est généreusement exposé aux regards. L’Usap est un grand club qui a dû attendre plus d’un demi-siècle un bonheur comme celui-là. Que de travail et de sueur, d’espoirs brisés et de désillusions aussi, pour en arriver là ! Des enfants rêveurs et des parents réjouis prennent la pose devant le trophée. Les flashs crépitent.
 

Dans quelques instants, Nathan Lane, troisième ligne espoir du Racing appellera sa mère et lui dira : "On a battu les champions, 23-20 !" Fort heureusement, il est des rêves et des joies d’enfance que le professionnalisme ne saurait effacer.


Fred,
Perpignan, le 8 août 2009

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