En direct du Plessis

Si vous voulez devenir arbitre au Racing Metro 92 contactez Jean LESPES à l’adresse: jeanlespes@hotmail.fr.
 
 

Quesada: 'Un projet très ambitieux'

Quesada: 'Un projet très ambitieux'

Publié le 09/12/2011

Arrivé au Racing la semaine dernière, Gonzalo Quesada ne s'était pas encore exprimé sur sa nomination comme nouvel entraîneur des trois-quarts du club Ciel et Blanc. Il le fait ici, sur le site officiel du club, en exclusivité. Détendu, volubile, l'Argentin nous a accordé un entretien fleuve et passionnant. Verbatim.

 

Gonzalo, le public te connaît surtout pour ton passé de joueur. Peux-tu nous raconter comment tu es devenu entraîneur?

 

Gonzalo Quesada: Je suis venu pour une expérience de joueur en France à l'initiative de Pierre et d'Alain de Pouzilhac, qui étaient à Narbonne. A l'époque, j'avais fait un master 2 en sciences économiques et gestion d'entreprise, et quand j'ai fini, j'avais 24 ans, c'était l'année de la Coupe du Monde 1999 et mon idée, c'était de venir 2, 3, 4 ans puis de revenir dans une entreprise faire le travail pour lequel je m'étais formé pendant 5 ans. Finalement deux saisons sont devenus trois, puis je suis parti à Béziers et ensuite au Stade Français. Je me suis adapté et j'ai vraiment bien aimé ma vie en France. En 2007, j'ai envoyé toutes mes valises en Argentine par cargo; j'étais alors à Boulogne à superviser le chantier de ma maison. Je voulais finir et rentrer travailler dans la boîte de mon père. Dans les dernières années de ma carrière, depuis que j'avais fait des essais au football américain, j'avais commencé à faire plus d'études sur l'aspect psychologique chez les buteurs, les aspects mentaux liés, au delà de la technique, à la biomécanique, etc. J'avais bossé un peu avec Juan Hernandez; on partageait beaucoup de choses quand on jouait ensemble avec les Pumas et au Stade Français. Je voulais travailler dans le monde de l'entreprise et je me disais par contre que je resterai dans le rugby parce que j'aimais bien accompagner les buteurs. Au même moment, l'équipe de France cherchait quelqu'un, mais j'ai d'abord refusé de postuler. Et puis, comme le chantier a pris du retard, je suis resté en France plus longtemps que prévu. Alors, j'ai postulé et j'ai été pris.
Après, même si j'avais quelques armes, je ne voulais pas m'appuyer seulement sur mon expérience, alors j'ai fait un diplôme en préparation mentale appliquée à la performance sportive à Clermont. Puis, j'ai passé le DES (Diplôme d'Etat Supérieur) qui est le diplôme d'entraîneur professionnel, à Marcoussis. Tout cela pendant que j'exerçais en équipe de France.
Sur les derniers quatre ans, j'ai alterné entre mon expérience avec les Bleus et des formations, notamment avec Jean-Jacques Rivet, un biomécanicien, basé dans le Sud-Est, et qui travaille avec des golfeurs professionnels. On a fait tout un travail sur la biomécanique appliqué à la frappe.
Et puis il faut dire que j'ai eu la chance qu'en équipe de France, notamment la dernière année et demie, d'avoir beaucoup de participation sur le terrain au delà de l'aspect pur du jeu au pied. Le staff m'a laissé participer à l'organisation offensive de l'équipe, à tout le travail de la ligne des trois-quarts. ça m'a convaincu de mon envie d'avoir plus de responsabilités, ce qui fait que quand j'ai eu la proposition de Jacky et Pierre, je n'ai pas hésité.

 

Justement, à propos de l'équipe de France: pendant la Coupe du Monde, on a beaucoup dit que c'est toi qui avait pris les rênes des trois-quarts. Tu as entendu ces commentaires? Peux-tu nous raconter?

 

G. Q. : Oui, j'ai entendu ce bruit. Je sais qu'il y a des joueurs qui ont fait des commentaires de ce style aux journalistes. Mais la réalité c'est qu'on avait un staff qui avait des relations très amicales et très sympas. J'ai eu l'énorme chance que Marc (Lièvremont), Didier (Retière) et Emile (N'Tamack) me laissent participer avec eux à l'organisation des entraînements et à la préparation des matchs. Il y avait vraiment une belle amitié, une belle complicité entre nous. Honnêtement, on ne se demandait pas qui avait quel rôle, qui faisait quoi. Ce qui a pu faire parler à l'extérieur, c'est qu'il y avait vraiment une relation très conviviale entre nous quatre. Il y avait un vrai travail collectif initié par Marc, sur la base d'un management participatif. Mais sur ce point précis, c'était clair qu'Emile était l'entraîneur des 3/4 et moi son collaborateur.

 

Avant d'être contacté par le Racing, quelle image avais-tu de ce club?

 

G. Q. : Très franchement, l'image que j'avais, c'était celle d'un club pris en main par Mr Lorenzetti avec des objectifs très clairs dès le départ, avec un projet qu'on pouvait percevoir de l'extérieur, des objectifs à court, moyen et long terme, un axe de développement très important, sachant que la région parisienne a le potentiel pour avoir plus qu'un seul club et plus qu'un seul projet sportif d'une dimension aussi importante que celui du Racing. Ensuite, une de ses premières décisions a été de contacter Pierre pour avoir un homme fort avec beaucoup d'expérience pour faire le complément entre le projet d'entreprise et le projet sportif. Il a fait confiance à Pierre, et les résultats, si on regarde cinq ans en arrière, les objectifs de montée en top 14 ont été atteints, l'objectif de se mettre dans les 3,4 meilleures équipes a aussi été atteint l'an dernier. La sensation que j'avais, c'était qu'il y avait un projet très ambitieux avec des actes très concrets. On voyait, sans suivre de près, l'évolution: la présentation du stade, une équipe renforcée année après année, mais tout ça sans acte de folie et sans vouloir aller trop vite. C'est d'ailleurs ce que j'ai dit la première fois que j'ai vu Pierre; sentir que je rentrais dans un projet très sérieux, dans un projet où les choses allaient être claires, les rôles et les attentes et les objectifs, tout parfaitement cadré, ça collait avec ma façon de fonctionner. Je suis en train de me rendre compte que je ne me suis pas trompé. En plus, je  m'attendais à une ambiance un peu compliqué, par rapport à tous ces changements. Et bien, non. C'est vrai que les choses ne sont pas très très faciles en ce moment, mais il y a un groupe qui a envie d'avancer, de bons signes et j'ai été surpris. Je m'attendais à devoir serrer les coudes, à arriver en pleine tempête, et finalement il n'y a pas de si grosse tempête. C'est un moment difficile, avec notamment plus de la moitié des joueurs pétés derrière. Mais le groupe cherche à repartir sur une dynamique plus positive.

 

Connaître Pierre depuis qu'il t'a entraîné à Narbonne t'a encouragé à accepter?

 

G. Q. : Je connais le profil de Pierre. Je sais aussi que ceux qui le connaissent moins ont cette image de caractère très fort. C'est vrai qu'il a un fort caractère, mais quand je jouais, j'étais venu avec des objectifs et l'idée de travailler dur pour faire de belles saisons en France, chercher à avoir une vraie expérience de rugby. Je n'avais donc pas d'a priori sur lui. La relation était assez fluide, on partage depuis toujours des valeurs de travail, d'engagement, d'affectif et professionalisme. Après, je vois qu'il y a plein de choses sur lesquelles il n'a pas changé, et d'autres, notamment sur le jeu, où il s'est adapté au fur et à mesure. On parle beaucoup tous les deux et on est en train de mettre en place un fonctionnement petit à petit, sans se prendre la tête. J'avais un peu trop d'anxiété au début, je voulais mettre en place plein de trucs, dans la façon de s'entraîner, le contenu, l'organisation de la semaine. Et j'ai senti que l'on préfère aller plus doucement. Je m'adapte, mais c'est sûr que pour moi, connaître Pierre comme je le connais, ça m'a aidé à ne pas redouter de venir. Des fois, si on se laisse influencer par une certaine presse, on peut avoir une autre image. Je connais bien Pierre et je suis content de travailler avec lui. En plus pour un mec comme moi qui habite à Paris, dont la femme travaille à Paris aussi, qui a envie de rentrer dans un projet en tant qu'entraîneur adjoint, proposer de venir au Racing, c'était parfait.

 

La saison du Racing connaît des hauts et des bas pour l'instant. Comment l'analyses-tu?

 

G. Q. : Je crois que c'est toujours compliqué lorsque l'on sort d'une très belle saison comme l'année dernière et de repartir après deux mois de repos. La dynamique n'est plus la même. C'est compliqué de la retrouver car les groupes évoluent, il y a des joueurs qui partent et d'autres qui arrivent. Beaucoup d'équipes passent par cette situation. Il faut redynamiser le groupe, trouver un nouveau fonctionnement chaque saison qui convienne au nouveau groupe avec de nouveaux objectifs. C'est un aspect psychologique que j'ai déjà observé auparavant; on a tendance à trop vouloir faire comme avant sans trop savoir ce que l'on faisait ni pourquoi, on ne connait pas trop les causes mais on croit les identifier. Vu de l'extérieur, j'ai manqué beaucoup de matchs au cause de la Coupe du Monde, mais j'ai regardé les images des derniers matchs pour être un peu au courant. Il y a des matchs très intéressants comme en Écosse il y a quelques semaines. J'étais aussi au stade, caché dans les tribunes le soir du match contre Biarritz. J'étais déjà très près de m'engager avec le club, et j'ai vu une deuxième mi-temps particulièrement intéressante. Mais, j'ai essayé de trouver la réponses à ces hauts et bas. Je pense qu'il y a un peu ce regard en arrière qu'il faut éviter et qu'on doit se retourner droit devant nous, regarder on où va et voir les solutions que l'on à devant nous après avoir analysé la situation.
Aujourd'hui, la situation à évolué. On a discuté des heures et des heures par jours avec le reste du staff. On a commencé très doucement à proposer certains changements. Comme Pierre me dit, ces matchs contre le Stade Français et les deux en HCup sont un peu un rodage pour moi, on aura encore des hauts et des bas. Il faut profiter de cette période pour être opérationnel la semaine d’Agen. Le match qui arrive samedi contre les London Irish, on veut absolument le gagner pour se lancer dans une nouvelle dynamique et relancer la saison définitivement. Mais bon, si la solution était si facile à trouver, on n'aurait pas de métier, n'importe qui pourrait le faire et on serait tous champion du monde.

 

La défaite reçue au Stade de France le week-end dernier contre le Stade Français ne t'as donc pas fait regretter ton choix ?

 

G. Q. : Absolument pas ! La semaine dernière j'étais plutôt observateur, j'ai regardé beaucoup de séances video, j'ai regardé les entraînements, j'ai proposé deux-trois petits trucs pour entrer dans le boulot. Mais c'est vrai que je me suis retrouvé assis sur le banc en tant qu'entraineur sans avoir la possibilité de beaucoup échanger. Donc j'étais un peu dans une situation d’impuissance surtout que ça ne c'est pas très bien passé. On n'avait pas grand chose a faire, surtout de là ou j'étais. Mais non, je ne regrette pas du tout. J’ai pris conscience qu'il y avait beaucoup de travail, que ça allait être dur et que pour l'hiver, il allait falloir se serrer les coudes. C'est ce que l'on fait depuis 10 jours maintenant.

 

Dernière question: Lors de  Racing-Stade français, il y avait Juan Martin Hernandez d'un coté, Felipe Contepomi de l'autre, toi sur le banc, Mario Lesdesma en face, on sent que le rugby argentin et le rugby français entretiennent des liens de plus en plus proches. Comment est-ce que tu interprètes ça ?

 

G. Q. : C'est une question que l'on me pose souvent puisque j'ai été l'un des premiers Argentins à débarquer en France. Personnellement, ça s'est plutôt bien passé. Au bout de six mois avec Pierre, on discutait beaucoup et on parlait déjà de potes à moi qui pourrait venir jouer en Europe. Pendant deux-trois ans, il y a eu une dizaine, une vingtaine d'argentins qui sont venus dans différents clubs. Finalement, ce qui ressort de ces joueurs, c'est surtout l'état d'esprit. Finalement, culturellement, nous sommes très similaires. Et la plupart des mecs sont des joueurs qui viennent sans gros besoins économique mais vraiment pour l'expérience sportive. Parfois, c'est facile à dire quand tu touches un gros contrat mais personnellement, et je ne suis pas le seul, je n'avais pas besoin de venir en Europe pour être aisé. Mais jouer au rugby avec et contre les meilleurs, dans le plus grand championnat, c'est très intéressant. On vient d'une culture où le rugby amateur est très développé, où les clubs ont une force d'affectif, une culture de l'engagement, de fraternité, de convivialité, de l'esprit pur du rugby comme on l'aime donc on à tous était formé avec ces valeurs. Quand on arrive en Europe, on arrive avec ça dans nos bagages, c'est la nature qui nous à mis dans le bain. Comme beaucoup de français. Donc c'est peut être plus facile pour les Argentins de s'intégrer.
Après, pour Mario et moi, je vois qu'on a été dans les premiers à venir jouer. Maintenant on est parmi les premiers à avoir la chance de pouvoir entrainer en France. J'ai beaucoup d'amis ici qui partagent ces mêmes valeurs, cette même passion sans faire-semblant. On ne triche pas. Arriver dans un club comme le Racing, c'est une opportunité, on se doit de rendre la monnaie et tout donner pour le club, pour le maillot, pour le groupe en essayant que les intérêts individuels passent par le développement des ambitions collectives. On s'est toujours démené pour le club dans lequel on joue et au fur et à mesure les gens ont constaté que l'on a un vrai esprit.

Notez cet article

 
Tous les articles

Vos réactions

Le 12/12/2011 par evidence
a force de de jouer occupation et defense le fond de jeu n a pas ete travaillé alors on jouait sur les qualités individuelles des joueurs et sur la botte de wisniewski qui nous a porté plus d une fois 20 points par matchs minimum mais aujourd hui les equipes en face lisent facilement le jeu du racing et comme il a fait tourner sa paire de demi sans avoir un hernandez superieur à wisniewski un durand en perdition et un lorée bloqué dans ses intentions alors voila que berbizier doit remettre les bases de l an dernier pour reconstruire ...
Le 10/12/2011 par MONTELIERJACQUEMART
A voir le match d'aujourdu hui, le projet n'est pas ambitieux..... IL EST SIMPLMENT IRREALISTE !!! je pense que Berbizier va se virer tout seule !!!!
Le 10/12/2011 par stade 75
Gorkh et clem .!!! ,PEPE JULES à raison, Berbizier à pris un nouveau fusible en la personne de Mr Quesada ET DIT VOUS BIEN UNE CHOSE, TOUT CE QUE FAIT BERBIZIER C EST CALCULE!!!D AILLEUR IL SE DEMANDE SI IL VA PAS RESORTIR LES NOEUDS PAPILLONS PEUT ETRE QU AVEC EUX IL Y AURA PLUS DE JEU. si vous faites pas de jeu ce n'etait pas la faute de Mr Mannix, c est simplement que le discours de Mr Berbizier ne passe pas !!! mais si vous voulez voir du jeu, venez voir le STADE FRANCAIS .....
Le 10/12/2011 par clem
totalement ridicule cette posture à 2 balles pepe jules... Une nouvelle fois merci Simone, mais maintenant il faut regarder devant nous. Bon courage Gonzalo!
Le 09/12/2011 par Gorkh
Ridicule ton com pepe jules. Je ne vois pas sur quelle base tu peux juger le boulot de Quesada. Tu penses vraiment qu'il a pu changer quoi que ce soit depuis sa courte arrivée. Il le dit lui-meme d'ailleurs, la semaine dernière a surtout consisté à faciliter son intégration. Quant à l'éviction de Mannix, Quesada nous confirme qu'il ne s'agissait pas d'un coup de tête puisqu'il a été contacté depuis longtemps par le Racing. Enfin, moi, j'ai un bon a priori sur Quesada. On verra sur le long terme.
Le 09/12/2011 par pepe jules
et MANNIX il n y est pour rien dans l histoire du racing vous etes dejas tombe dans l escarcelle du clan berbizier attention ca ne durera pas longtemp soyez un peu plus humble si vous voulez arriver a quelque chose et attention au copinage (jmh) le president va vite s en rendre compte

Ajouter un commentaire

 
  Tous les champs * sont obligatoires.

Prochain match

samedi 19 avril 18H30

VS
Infos Billetterie
 
 
 
 
Playlist du mois