actuImage.php

RM 92 vs SF - Mon derby à moi avec... Fabrice Estebanez et Sébastien Descons

RM 92 vs SF - Mon derby à moi avec... Fabrice Estebanez et Sébastien Descons

Publié le 30/11/2012

Un derby c'est toujours une rencontre à part dans une saison. Ce match, mêlant suprématie régionale, affrontement entre des couleurs et une histoire, ô combien différentes, est souvent, toujours, le premier rendez-vous coché lorsque le calendrier de la nouvelle saison est dévoilé. À six jours du derby capital entre le Racing Metro 92 et le Stade Français, tour de France des derbys connus par les Ciel et Blanc durant leur jeunesse ou leur carrière. Quatrième épisode avec Fabrice Estebanez et Sébastien Descons, les deux Ariégeois de la formation francilienne, qui revisitent le derby Pamiers vs Saverdun, leurs villes d'origines distantes de seulement quelques kilomètres. 

 

 

Fabrice, Sébastien, vous les Ariégeois du club, vous connaissez bien la notion de derby qui a débuté très jeune chez vous lors des matchs Pamiers vs Saverdun, vos deux clubs et villes respectifs d'origine. Déjà chez les jeunes c'était important de l'emporter sur l'autre ?

 

Fabrice Estebanez : (Il prend l'accent). À l'École de Rugby ! Les coachs te disaient : « Les gars, c'est le tournoi de Saverdun ! ».

 

Sébastien Descons : Ça a commencé jeune. Je me souviens du tournoi de Pamiers en Benjamin, et il y a avait un seul match à ne pas perdre c'était face à Pamiers ! Et d'ailleurs, ce tournoi, j'ai eu la chance de le remporter face à... Pamiers !

 

F.E. : Ah, mais je n'étais pas là !

 

S.D. : En Ariège, le derby débute à la boulangerie du village.

 

F.E. : Ça commence dès le dimanche soir qui précède le match, ça reprend le lundi et comme ça toute la semaine ! Tout le monde t'en parle. Comme dit Seb, le boulanger, le charcutier, partout ou tu vas.

 

S.D. : Et puis il y a le fait que souvent nous étions en classe ensemble. Il y a les types qui jouent à Pamiers, les autres à Saverdun. Ça parle toute la semaine, ça se chambre, ça se branche... La suprématie de la basse-Ariège est en jeu.

 

F.E. : C'est important.

 

S.D. : (Il le coupe et prend l'accent). C'est Pamiers quoi !

 

F.E. : C'était le rendez-vous de tous les passionnés. C'est le match que tout le monde attend, ça rassemble. Aujourd'hui en Ariège l'économie n'est pas forcément au mieux et ça permet aux clubs de faire des recettes.

 

 

" Une bataille des tranchées ! " 

 

 

Si pression il y a, quand commence-t-elle à monter lors de ces semaines de derby?

 

F.E. : Pfff... Quand nous avons connu les derbys, ce n'était pas non plus du même acabit qu'à l'époque. Avant, au delà de la suprématie c'était la guerre ! (Sourires). Une bataille des tranchées !

 

S.D. : La pression... ? Oui il y en avait un petit peu quand même. J'en ai vécu un notamment, quand j'avais 18 ans, je jouais à l'ouverture, et je me savais attendu. Tu vas à Pamiers, tu es le petit jeune, ils vont vouloir t’attraper !

 

F.E. : (Il reprend l'accent). Ils vont s'y filer sur toi, con !

 

S.D. : Et ce jour là on en a pris quarante ! Je peux te dire que la semaine qui suivait a été longue. Très longue. Mais au delà de la pression qui n'est pas non plus étouffante, c'est vrai que ça fait plaisir de voir les gens se rassembler. Quand dans un petit stade comme ça, tu voit 2000 personnes autour. C'est sympa.

 

F.E. : Tu as l'impression que c'est le Nou Camp ! (Éclats de rires).

 

 

" S'il y a bien un match qu'il ne faut pas perdre, c'est celui-là ! "

 

 

Pouvez-vous nous faire partager ces matchs. À quoi ressemble une rencontre Pamiers vs Saverdun ?

 

S.D. : (Le tout avec l'accent). C'est marrons chauds et compagnies ! (Rires général). Non, sérieusement, c'est comme tous les derbys, c'est serré, il n'y a pas de grandes envolées. C'est un derby quoi.

 

F.E. : Il ne faut pas louper le coup d'envoi.

 

S.D. : C'est un match haché. Beaucoup de pénalités. Mais vraiment sympa, ce sont de supers matchs à jouer. Je trouve que la notion de derby a lieu là, dans ces petits villages, à petit niveau, lorsqu'il y a peu de kilomètres qui séparent les deux clubs. À haut niveau ça disparaît peut être un peu.

 

F.E. : Oui, ça disparaît mais c'est dommage, il faut entretenir cette notion. C'est important.

 

S.D. : Il y a toujours le petit vieux qui à la boulangerie te dit - (Il re-reprend l'accent en roulant les r) - : « Il ne faut pas perdre dimanche ! ».

 

F.E. : (Il en fait de même). « S'il y a bien un match qu'il ne faut pas perdre, c'est celui-là ! ».

 

 

" En Juniors c'est plus taquin "

 

 

Pouvez-vous nous raconter le derby Ariégeois qui vous a marqué ?

 

S.D. : Celui dont j'ai parlé tout à l'heure. C'était en 2001 je crois, j'avais 18 balais, on avait gagné chez nous à l'aller. Et au retour on charge. Je me souviens même qu'après le match l'entraîneur avait été renvoyé ! Il y avait cette honte d'avoir pris quarante points.

 

F.E. : Des derbys en Séniors je n'en ai pas connu. Par contre plus jeune, c'était un peu plus houleux que ce que vient de raconter Seb. Quand on est jeune on est, passé moi l'expression, un peu con, sanguin. Et puis il y a vraiment cette suprématie à avoir quand tu retournes au lycée. On fait le « cakos » devant les filles : « On a gagné le derby ! ».

 

S.D. : En Juniors c'est plus taquin. Tu es en classe ensemble, tu te connais, pour le peu qu'il y en est un qui soit en sélection et que l'autre d'en face n'y soit pas... Je ne te dis pas...

 

F.E. : Il n'y a plus de conneries.

 

S.D. : En Séniors c'est plus propre. Et même encore aujourd'hui ça n'a pas changé. Mais c'est bon-enfant.

 

 

" C'était un truc de fou ! Partager le Bouclier avec Pamiers "

 

 

Entre vous, parlez-vous souvent de cette rivalité qui nourrit vos villes et clubs d'origine ?

 

F.E. : C'est une chance de se retrouver ici, d'être originaires de Saverdun et de Pamiers. Comme en plus cette saison les deux clubs sont dans la même poule.

 

S.D. : (Il le coupe). On en profite pour se chambrer.

 

F.E. : (Il le coupe à son tour). En plus Pamiers a gagné le match aller !

 

S.D. : Oui mais Saverdun a gagné la coupe Paul Vauvedel, c'est un trophée remis lors d'un match entre les deux clubs.

 

F.E. : Oui mais ça c'est la coupe Intertoto !

 

S.D. : Non, non, non !

 

F.E. : Mais oui on se chambre.

 

S.D. : Nos familles sont là-bas, alors quand on rentre à la maison, on regarde le classement. Et d'ailleurs, à l'heure actuelle, Saverdun est devant Pamiers ! Malgré la défaite, la seule et unique de la saison !

 

F.E. : C'est pas fini ! On va aller chez vous !

 

S.D. : Oui mais chez nous, faites attention... (Rires).

 

F.E. : Quand j'étais gamins, je voyais des types qui couraient et disaient : « Il ne faut pas louper le coup d'envoi, vite, vite vite ! ». Ils attendaient ce match comme le messie, voir si dès le début il y avait une grande bagarre. Et s'il n'y avait rien... En fait je crois que les gars venaient pour ça.

 

S.D. : Ah si mon plus grand souvenir, j'y reviens ! Maintenant que j'y pense... Il a fallu que je partage un titre avec Pamiers ! C'était le Challenge Grand Sud, on avait joué la finale à Foix, il y avait eu 6-6, et au lieu de faire des prolongations et bien, on a partagé le titre ! Il y a un village entre chez nous et chez eux et c'est limite s'il aurait fallu laisser le Bouclier là-bas... C'était un truc de fou ! Partager le Bouclier avec Pamiers. On a pris le Bouclier le premier soir. Après c'était six mois à Pamiers, six mois à Saverdun. C'était catastrophique. Et je crois même que ça a encore eu lieu l'an dernier. Je suis allé les voir, c'était Saverdun vs Pamiers en finale, et rebelote il n'y a pas eu de prolongation.

 

F.E. : Mais c'était en quelle catégorie ça ? C'est pas possible...

 

Notez cet article

 
Tous les articles

Vos réactions

Le 30/11/2012 par 1koule
Eh milledieu...! ! ! ! Les voila les ariegeois...ca fait du bien de lire un article comme celui la, parce que c'est vrai bordel... Nous avons perdu a Pamiers, on les atends a Saverdun (Sabardu) Je ne connais pas Fabrice,(juste de l'avoir vu jouer a Pamiers) par contre Seb depuis tout "pitchoun" qui se baladait aux alentours du PAUL FINES (Stade de Saverdun) avec Alain (son papa) Mon fils est a l'ecole de rugby de Saverdun et fan du RM depuis que Seb en fait partie. Allez les gars bon match macarel...! ! !

Ajouter un commentaire

 
  Tous les champs * sont obligatoires.

Prochain match

dimanche 26 octobre 18H15

VS
Infos Billetterie
 
 
+ d'infos
 
 
Playlist du mois