Les débuts
Dans la France de la fin du XIXe siècle, l’organisation du sport « à l’anglaise », par le biais de clubs, est avant tout affaire de riches, bourgeois et aristocrates. Le Racing club, fondé en 1882, était à l’origine une association vouée à l’athlétisme. Devenu Racing club de France en 1885, il ajoute régulièrement de nouvelles sections (17 en 2006, pour 20 000 licenciés), dont celle de rugby, créée en 1890. Niché au cœur du Bois de Boulogne, sur le domaine de la Croix-Catelan, il est le symbole de l’exclusivité. Le succès du rugby fut immédiat auprès des membres du club, issus des classes aisées, notamment aristocratiques (quatre nobles participent à la première finale côté Racing), pour qui le sport en général et le rugby en particulier portent en eux les vertus développés dans leurs associations sportives par les Britanniques, dont on admire l’insistance sur l'union du corps et de l’esprit (« Un esprit sain dans un corps sain »).
Le Racing devient un protagoniste majeur du rugby français pendant ces temps héroïques. Le club remporte en effet le premier championnat de France, le 20 mars 1892, en battant le Stade français 4-3. L’année suivante, les Stadistes prennent leur revanche (7-3). Le Racing termine deuxième de la compétition disputée sous forme de championnat en 1898, avant d’être sacré à deux reprises, en 1900 et en 1902, face au Stade bordelais. Enfin, il s’incline en finale contre le Stade toulousain en 1912. Il remporte la Coupe de l'Espérance, qui fait office de championnat pendant la Première Guerre mondiale en 1918, puis participe à la première finale d’après-guerre, qu’il perd contre le Stadoceste tarbais.
Les valeurs du Racing
L’autre grande dimension de l’« esprit Racing » est son attachement aux valeurs les plus pures du sport, l’esprit de compétition, la noblesse de l’effort, le respect de l’adversaire et l’amateurisme. Soucieux de maintenir l’esprit du jeu, le Racing club de France s’investit dans cette voie à la fin des années 1920, alors le rugby français souffre de la violence sur les terrains, de matchs fermés et d’un professionnalisme qui ne veut pas dire son nom. Champion de l’esprit amateur, il lance le Challenge Yves du Manoir pour répondre à cet idéal. Yves du Manoir symbolisait le côté romantique du rugby, sa dimension ludique et libre, celle du jeu pour le jeu. Comme les participants étaient invités par le Racing, il n’y avait aucune pression relative à une éventuelle relégation. Afin de favoriser encore le jeu, les règles interdisaient de tenter les coups de pied placés. Paradoxalement, le Racing ne gagnera jamais « son » challenge.
L’après guerre
Le club connaît à nouveau le succès dans les années 50, avec deux finales perdues en 1950 et 1957, et un titre en 1959, sous la houlette du Landais Michel Crauste, qui devait partir pour Lourdes la saison suivante (où il remporte aussitôt le titre avec son nouveau club).
Les années « Show-Bizz »
Plus récemment, cet esprit fut réveillé, quoi que sous une forme différente, dans les années 1980 grâce à la dernière grande génération sportive du Racing. Désireux de faire parler d’eux et de leur club, ces joueurs savaient que les résultats étaient essentiels, mais aussi que pour réussir cela à Paris, où les sportifs vivent dans l’anonymat le plus complet, il fallait attirer les feux des médias. Ce sont les lignes arrières qui provoquèrent cette révolution, mélangeant sport, humour, provocation, camaraderie et autodérision. Dans le cadre du très célèbre « Show-Bizz » (avec deux « z »), sorte de club dans le club, Yvon Rousset, éric Blanc, Jean-Baptiste Lafond, Philippe Guillard et Franck Mesnel décidèrent de bousculer le rugby français par une série d’actions spectaculaires. Néanmoins, leur marque de fabrique fut le célèbre nœud papillon rose. Désireux de frapper un grand coup lors de la finale du championnat 1987, ils décidèrent de jouer avec un nœud papillon rose autour du cou, symbole de l’élégance et de la dérision, avec une couleur en apparence pas du tout virile. Jean-Baptiste Lafond offrit un exemplaire du nœud papillon au Président de la République, François Mitterrand, durant la présentation des équipes sur la pelouse du Parc des Princes. Ils firent sensation mais furent battus. Trois ans plus tard, ils récidivèrent. Poussant la provocation, ils se firent apporter du champagne sur la pelouse pendant la mi-temps, par Yvon Rousset, blessé, vêtu d’un blazer frappé des armes du « Show Bizz ». Cela ne les empêcha pas de gagner, et après prolongations encore, contre Agen.
L’ère du professionnalisme
Propriétaire du club depuis 1999, l’entreprise Eden Park, fondée par des anciens du club tente de donner un nouveau souffle, en se rapprochant de l’US métro, le club sportif de la RATP. Les deux équipes senior fusionnent en 2001, sous le nom de Métro racing 92, dans le cadre d’une Société anonyme sportive professionnelle appelée Racing club de France Rugby. Ancien du club, Éric Blanc devient le président. L’équipe est rebaptisée Racing métro 92 en 2005. Le Racing et l’US métro conservent leurs équipes de jeunes.
En 2006, c’est l'arrivée de Jacky Lorenzetti, patron et fondateur de Foncia, qui reprend la majorité des parts. Avec lui, le club se fixé pour objectif la montée dans le Top 14.
USMT : Le club omnisports
L’U.S. Métro est né le 18 mars 1928. Il comprend alors 11 sections dont le rugby. En juin 1929, l’U.S. Métro est admise au sein de l’union sportive des cheminots de France (U.S.C.F.). Le 11 novembre 1931, le complexe sportif de la Croix de Berny (Antony, Hauts de Seine) est inauguré. Il sera agrandi par la suite à plusieurs reprises : en 1933, 1938 et 1943.
En 1934, l’U.S. Métro remporte le challenge du Meilleur Club de France décerné par le journal l’Auto. Le 17 mars 1945, l’U.S. Métro fusionne avec le C.S. Transport pour devenir l’Union Sportive Métropolitaine des Transports (U.S.M.T.). En 1948, l’U.S.M.T. obtient le titre honorifique de premier club omnisports de France. Club créé par la Compagnie du Métropolitain de Paris (CMP) pour ses employés, il a presque toujours accueilli toute personne souhaitant pratiquer une discipline sportive, de loisir ou de compétition. Les sections majeures sont l’escrime, le pentathlon moderne, la lutte, et le rugby.
La section Rugby
La section rugby a fait partie des premières sections qui ont constitué et donné son essor au club omnisports. Elle s’est de tout temps illustrée par de bonnes performances et une constance dans les résultats. Elle a notamment évolué en première division de 1936 à 1939, atteignant les 1/8ème de finale de championnat de France (contre l’A.S. Montferrand).
Depuis, la section a eu un sort variable. En 1978, elle a atteint la deuxième division nationale pour y évoluer jusqu’en 1995. Cette année là, elle a atteint les demi-finales de ce championnat et accédé au Groupe B. Elle n’y fera un passage que d’une saison (1995/1996) pour y revenir en 1999. Le club possède une filière de jeunes qui va de l’école de rugby (mini-poussins, poussins, benjamins, minimes) aux cadets et juniors. Régulièrement, l’une de ces catégories se distingue par ses bons résultats sur le plan national ou régional. Le palmarès de la section rugby est riche.
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